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Homélies sur Saint Matthieu, n° 31,1-3 (trad. Véricel, L’Evangile commenté, p.155-156)
« Parvenu à la maison du chef et voyant les joueurs de flûte et la foule en tumulte, Jésus dit : ‘ Retirez-vous, la fillette n’est pas morte : elle dort. ‘ Et ils se moquaient de lui. » Jésus nous apprend ainsi à ne pas craindre la mort, car la mort n’est plus la mort : elle n’est plus désormais qu’un sommeil. Et comme il allait mourir lui-même, il prépare ses disciples, en ressuscitant les autres, à lui faire confiance et à ne pas s’alarmer de sa mort. Car depuis la venue du Christ, la mort n’est plus qu’un sommeil. Read the rest of this entry »
Commentaire sur le psaume 65, §19-20 ; CSEL 22, 261 (trad. Solesmes, Lectionnaire, t. 3, p. 873)
Quelle est « la parole de louange » (Ps 65,8) qu’il faut faire entendre ? Celle-ci assurément : « Il a donné la vie à l’âme » des croyants (v.9) ; car Dieu a accordé la constance et la persévérance dans la profession de la foi à la prédication des apôtres et à la confession des martyrs, et la prédication du Royaume des cieux a parcouru la terre en tous sens comme par des pas. En effet « leur message s’est répandu sur toute la terre » (Ps 18,5). Et ailleurs, le Saint Esprit proclame la gloire de cette course spirituelle : «Comme ils sont beaux, les pas de ceux qui annoncent la bonne nouvelle, de ceux qui annoncent la paix » (Is 52,7). C’est donc cette parole de louange de Dieu qu’il faut faire entendre par la proclamation, selon le témoignage du psalmiste : « Il a donné la vie à mon âme et n’a pas laissé chanceler mes pas » (LXX). En effet, les apôtres ne se sont pas laissés détourner de la course de leur prédication par les terreurs des menaces humaines, et la fermeté de leurs pas solidement posés ne s’est pas laissée écarter du chemin de la foi… Read the rest of this entry »
Correspondance – Éditions de Solesmes
375 – Demande du même: Tu m’as dit un jour que, pour l’interrogation à propos des pensées ou sur les choses elles-mêmes, la liberté est bonne. Dis-moi donc en quoi consiste la liberté de l’interrogation.
Réponse de saint Jean : La liberté quant aux pensées, c’est, pour celui qui interroge, de découvrir complètement la pensée à celui qu’il interroge, de n’en rien cacher, ne de la déguiser en quoi que ce soit par honte, ni de la mettre au compte d’un autre mais à son propre compte, comme il en est bien ainsi. Car cela nuit plutôt de la déguiser.
Sermon n° 44 sur St Matthieu ; PG 57, 467 (trad. Véricel, L’Evangile commenté, p. 140)
Si la semence sèche, ce n’est pas à cause de la chaleur. Jésus n’a pas dit qu’elle a séché à cause de la chaleur, mais « faute de racine ». Si la parole est étouffée, cela ne vient pas des épines, mais de ceux qui les ont laissé pousser en liberté. Avec de la volonté, tu peux les empêcher de pousser, tu peux faire de la richesse un usage convenable. C’est pour cela que le Sauveur parle non du « monde » mais du « souci du monde », non de « la richesse » mais de la « séduction de la richesse ». N’accusons donc pas les choses elles-mêmes, mais la corruption de notre conscience… Read the rest of this entry »
Correspondance – Éditions de Solesmes
368 – Demande du même: Dans quelles dispositions doit-on être quand on interroge les Pères ? Faut-il immanquablement accomplir toutes les réponses qu’ils donnent ?
Réponse de saint Jean: Non pas toutes, mais celles qui sont données sous forme de commandement. Car autre chose est un simple conseil selon Dieu et autre chose un commandement. Le conseil est une directive sans obligation, qui montre à l’homme le droit chemin de la vie, tandis que le commandement se présente comme un joug inviolable.
Centurie 1 sur l’amour, dans La Philocalie (trad. Bellefontaine 1985, t. 6, p. 27)
Ne t’attache pas aux soupçons ou aux hommes qui te portent à te scandaliser de certaines choses. Car ceux qui, d’une manière ou d’une autre, se scandalisent des choses qui leur arrivent, qu’ils les aient voulues ou non, ignorent le chemin de la paix qui, par l’amour, mène à la connaissance de Dieu ceux qui en sont épris. Read the rest of this entry »
Correspondance – Éditions de Solesmes
366 – Demande du même: Faut-il prier trois fois à divers moments ou à la même heure ? Car il arrive que l’affaire ne supporte pas de délai.
Réponse de saint Jean : Si tu as du temps devant toi, prie trois fois, trois jours différents. Mais s’il y a urgence, prends modèle sur le Sauveur qui, à l’heure où il était livré – ce qui était bien dur à porter – s’écarta à trois reprises et fit la même prière (Mt. 26,44). Et si apparemment il n’a pas été exaucé, puisqu’il fallait que s’accomplît nécessairement le plan divin, c’est pour nous apprendre par là à ne pas nous attrister quand nous prions et que nous ne sommes pas exaucés dans l’immédiat; car il sait mieux que nous ce qui nous convient. Ne renonçons pas non plus à l’action de grâces, et nous serons sauvés.
Correspondance – Éditions de Solesmes
365 – Demande: Mon maître, combien de fois faut-il prier, pour que la pensée reçoive cette inspiration ?
Réponse de saint Jean : Quand tu ne peux interroger le Vieillard [ou l'Ancien], il faut prier trois fois pour toute affaire, observer ensuite vers quoi penche le cœur, ne fût-ce que d’un cheveu, et le faire. Car l’inspiration est claire, et elle est tout à fait perceptible au cœur.
Épître de saint Jacques 2,14-24.26.
Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, alors qu’il n’agit pas, à quoi cela sert-il ? Cet homme-là peut-il être sauvé par sa foi ?
Supposons que l’un de nos frères ou l’une de nos sœurs n’aient pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Rentrez tranquillement chez vous ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » et si vous ne leur donnez pas ce que réclame leur corps, à quoi cela sert-il ?
Ainsi donc, celui qui n’agit pas, sa foi est bel et bien morte, et on peut lui dire : « Tu prétends avoir la foi, moi je la mets en pratique. Montre-moi donc ta foi qui n’agit pas ; moi, c’est par mes actes que je te montrerai ma foi. Read the rest of this entry »
Correspondance – Éditions de Solesmes
363 – Demande: Est ce que il faut ou non interroger une seconde fois le même sur le même sujet ? Car je sais, Père, que parfois j’ai interrogé un Vieillard sur une pensée et je me suis entendu dire de ne pas faire telle chose; et après cela, l’interrogeant de nouveau sur la même pensée, j’ai reçu alors l’ordre de faire la chose en question. Pourquoi cela ?
Réponse de saint Jean : Frère, “les jugements de Dieu sont un abîme profond” (Ps 35,7). Dieu met dans la bouche de celui qui parle selon ce qui est dans le cœur de celui qui l’interroge, soit pour éprouver celui -ci, soit parce que son cœur a changé et qu’il mérite d’entendre autre chose, soit que d’autres, impliqués dans la même affaire, aient changé et que Dieu, à cause d’eux, parle autrement que la première fois par son saint. Read the rest of this entry »
4ème Homélie sur la première épître aux Corinthiens; PG 61, 34-36
La croix a gagné les esprits au moyen de prédicateurs ignorants, et cela dans le monde entier. Il ne s’agissait pas de questions banales, mais de Dieu et de la vraie foi, de la vie selon l’Évangile, et du jugement futur. La croix a donc transformé en philosophes des gens simples et illettrés. Voilà comment « la folie de Dieu est plus sage que l’homme, et sa faiblesse, plus forte » (1Co 1,25). Read the rest of this entry »
Trad. Bouchet, Lectionnaire, p.181
Désormais, par la croix, les ombres sont dissipées et la vérité se lève, comme nous le dit l’apôtre Jean : « L’ancien monde est passé, toutes choses sont nouvelles » (Ap 21,4-5). La mort est dépouillée, l’enfer livre ses captifs, l’homme est libre, le Seigneur règne, la création est dans la joie. La croix triomphe et toutes les nations, tribus, langues et peuples (Ap 7,9) viennent pour l’adorer. Avec le bienheureux Paul qui s’écrie : « Loin de moi la pensée de trouver ma gloire ailleurs que dans la croix de Jésus Christ notre Seigneur » (Ga 6,14), nous trouvons en elle notre joie. Read the rest of this entry »
Correspondance – Éditions de Solesmes
362 – Demande: Et si la pensée continue de tracasser quelqu’un après la réponse des Pères ?
Réponse de saint Jean : Si la pensée continue à tracasser celui qui a interrogé, ce n’est pas sans cause, mais manifestement parce que, après avoir reçu la réponse, il n’a pas fait simplement et avec soin ce qui lui avait été commandé. Il doit réparer la faute et faire exactement ce qui lui a été dit. Car Dieu ne ment pas, lui qui parle dans ses saints.
Homélie 2 pour la Nativité de Marie, 4, 7 ; PG 96, 683s (trad. Orval)
« Enfin du grain est tombé dans la bonne terre »
C’est à Marie, me semble-t-il, que s’adresse le bienheureux prophète Joël lorsqu’il s’écrie : «Ne crains pas, toi, la terre, chante et réjouis-toi, parce que le Seigneur a réalisé en toi de grands desseins» (2,21). Car Marie est une terre: cette terre sur laquelle l’homme de Dieu Moïse a reçu l’ordre d’enlever sa sandale (Ex 3,5), image de la Loi dont la grâce viendra prendre la place. Elle est encore cette terre sur laquelle, par l’Esprit Saint, s’est établi celui dont nous chantons qu’il «établit la terre sur ses bases» (Ps 103,5). Read the rest of this entry »
Homélie 5 sur l’Hexaéméron, 6 (trad. SC 26, p. 304 rev. Delhougne)
Le Seigneur ne cesse de comparer les âmes humaines à des vignes : « Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau, en un lieu fertile » (Is 5,1) ; « J’ai planté une vigne, je l’ai entourée d’une haie » (cf Mt 21,33). Ce sont évidemment les âmes humaines que Jésus appelle sa vigne, elles qu’il a entourées, comme d’une clôture, de la sécurité que donnent ses commandements et de la garde de ses anges, car « l’ange du Seigneur campera autour de ceux qui le craignent » (Ps 33,8). Ensuite il a planté autour de nous une sorte de palissade en établissant dans l’Église, « premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d’enseigner » (1Co 12,28). Read the rest of this entry »
Correspondance – Éditions de Solesmes
361 – Demande: Dis-moi, Père, qui faut-il interroger au sujet des pensées, et faut-il sur les mêmes pensées en interroger un second ?
Réponse de saint Jean : Il faut interroger celui en qui tu as confiance et que tu sais pouvoir porter les pensées, et te fier à lui comme à Dieu. Quant à en interroger un autre sur les mêmes pensées, c’est preuve de défiance et tenter Dieu. Car si tu tiens que Dieu a parlé par son saint, à quoi bon en faire la contre-épreuve ? Ou à quoi bon mettre Dieu à l’épreuve, en posant à un autre la même question ?
Correspondance – Éditions de Solesmes
384 – Demande: Si je recours aux saints pour une maladie de l’âme ou du corps, en croyant que la guérison sera immédiate, en sera-t-il ainsi, même si la guérison immédiate ne m’est pas utile ?
Réponse: Il n’est pas bon en tout cas de prendre l’initiative de demander d’être guéri d’une maladie, lorsque tu ignores si cela te sera utile, mais il faut abandonner la chose à celui qui a dit: “Votre Père qui est dans les cieux sait ce dont vous avez besoin avant que vous le lui demandiez” (Mt.6,8). Prie donc Dieu en ces termes: “Seigneur, je suis dans tes mains, aie pitié de moi selon ta volonté. Si cela m’est utile, hâte-toi de me guérir.” Demande aussi aux saints de faire la même prière, et crois sans le moindre doute, que Dieu fera ce qui t’est utile. Rends-lui grâces en toutes choses, te rappelant le précepte de l’Apôtre: “En tout rendez-grâces” (1Th.5,18), et tu t’en trouveras bien d’âme et de corps.
Démonstration évangélique, II, 3, 35 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, t. 6, p. 197 ; cf SC 228)
Nombreux sont les témoignages de l’Écriture montrant que les nations païennes n’ont pas reçu moins de grâces que le peuple juif. Si les juifs…participent à la bénédiction d’Abraham, l’ami de Dieu, parce qu’ils sont ses descendants, rappelons que Dieu s’était engagé à donner aux païens une bénédiction semblable non seulement à celle d’Abraham, mais encore à celles d’Isaac et de Jacob. Il a prédit explicitement, en effet, que toutes les nations seront bénies pareillement et il invite tous les peuples à une seule et même joie avec ces bienheureux amis de Dieu : « Nations, réjouissez-vous avec son peuple » (Dt 32,43) et encore : « Les princes des peuples se sont rassemblés avec le Dieu d’Abraham » (Ps 46,10). Read the rest of this entry »
Correspondance – Éditions de Solesmes
387 – Demande: La foi de quelqu’un peut-elle être utile à un autre qui n’a pas la foi, comme le fut au paralytique la foi de ceux qui le portaient (Mc.2,3-5) ?
Réponse: Si le paralytique n’avait pas eu de foi, il ne se serait pas laissé porter et descendre; ainsi c’est sa foi à lui qui l’a sauvé avec celle de ses porteurs. Rien n’est utile à l’homme, s’il n’y met de la foi en Dieu. N’allègue donc pas comme prétexte, pour ne rien faire, que tu jettes sur autrui tout ton fardeau. Car Jérémie qui croyait fermement que Dieu aurait pitié du peuple, priait pour lui. Mais parce que le peuple ne partageait pas sa foi, il ne fut pas exaucé (Jr.11,4). Où était donc la foi du Prophète ? Ne l’avait-il pas comme ceux qui portaient le paralytique ? Très certainement la faute en était au peuple. Il en est donc ainsi dans les cas semblables. Car ce n’est pas en vain qu’il est dit: “La prière soutenue du juste peut obtenir beaucoup de choses” (Jc.5,16).
Écrits (trad. Eds. Présence 1973, p. 384)
Le Seigneur a dit à ses disciples : « Je vous donne ma paix » (Jn 14,27). Cette paix du Christ, il faut la demander à Dieu, et le Seigneur la donnera à celui qui demande. Lorsque nous la recevons, nous devons veiller saintement sur elle et la faire croître. Celui qui, dans ses afflictions, ne s’abandonne pas à la volonté de Dieu ne peut pas connaître la miséricorde de Dieu. Si un malheur te frappe, ne te laisse pas abattre, mais souviens-toi que le Seigneur te regarde avec bonté. N’accepte pas cette pensée : « Le Seigneur va-t-il jeter un regard sur moi alors que je l’offense ? », car le Seigneur est bonté par nature. Mais tourne-toi avec foi vers Dieu et dis comme l’enfant prodigue de l’Evangile : « Je ne suis pas digne d’être appelé ton fils » (Lc 15,21). Alors tu verras combien tu es cher au Père, et ton âme connaîtra une joie indescriptible.











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