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Commentaire sur le psaume 65, §19-20 ; CSEL 22, 261 (trad. Solesmes, Lectionnaire, t. 3, p. 873)
Quelle est « la parole de louange » (Ps 65,8) qu’il faut faire entendre ? Celle-ci assurément : « Il a donné la vie à l’âme » des croyants (v.9) ; car Dieu a accordé la constance et la persévérance dans la profession de la foi à la prédication des apôtres et à la confession des martyrs, et la prédication du Royaume des cieux a parcouru la terre en tous sens comme par des pas. En effet « leur message s’est répandu sur toute la terre » (Ps 18,5). Et ailleurs, le Saint Esprit proclame la gloire de cette course spirituelle : «Comme ils sont beaux, les pas de ceux qui annoncent la bonne nouvelle, de ceux qui annoncent la paix » (Is 52,7). C’est donc cette parole de louange de Dieu qu’il faut faire entendre par la proclamation, selon le témoignage du psalmiste : « Il a donné la vie à mon âme et n’a pas laissé chanceler mes pas » (LXX). En effet, les apôtres ne se sont pas laissés détourner de la course de leur prédication par les terreurs des menaces humaines, et la fermeté de leurs pas solidement posés ne s’est pas laissée écarter du chemin de la foi… Read the rest of this entry »
Centurie 1 sur l’amour, dans La Philocalie (trad. Bellefontaine 1985, t. 6, p. 27)
Ne t’attache pas aux soupçons ou aux hommes qui te portent à te scandaliser de certaines choses. Car ceux qui, d’une manière ou d’une autre, se scandalisent des choses qui leur arrivent, qu’ils les aient voulues ou non, ignorent le chemin de la paix qui, par l’amour, mène à la connaissance de Dieu ceux qui en sont épris. Read the rest of this entry »
Épître de saint Jacques 2,14-24.26.
Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, alors qu’il n’agit pas, à quoi cela sert-il ? Cet homme-là peut-il être sauvé par sa foi ?
Supposons que l’un de nos frères ou l’une de nos sœurs n’aient pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Rentrez tranquillement chez vous ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » et si vous ne leur donnez pas ce que réclame leur corps, à quoi cela sert-il ?
Ainsi donc, celui qui n’agit pas, sa foi est bel et bien morte, et on peut lui dire : « Tu prétends avoir la foi, moi je la mets en pratique. Montre-moi donc ta foi qui n’agit pas ; moi, c’est par mes actes que je te montrerai ma foi. Read the rest of this entry »
Homélie 2 pour la Nativité de Marie, 4, 7 ; PG 96, 683s (trad. Orval)
« Enfin du grain est tombé dans la bonne terre »
C’est à Marie, me semble-t-il, que s’adresse le bienheureux prophète Joël lorsqu’il s’écrie : «Ne crains pas, toi, la terre, chante et réjouis-toi, parce que le Seigneur a réalisé en toi de grands desseins» (2,21). Car Marie est une terre: cette terre sur laquelle l’homme de Dieu Moïse a reçu l’ordre d’enlever sa sandale (Ex 3,5), image de la Loi dont la grâce viendra prendre la place. Elle est encore cette terre sur laquelle, par l’Esprit Saint, s’est établi celui dont nous chantons qu’il «établit la terre sur ses bases» (Ps 103,5). Read the rest of this entry »
Démonstration évangélique, II, 3, 35 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, t. 6, p. 197 ; cf SC 228)
Nombreux sont les témoignages de l’Écriture montrant que les nations païennes n’ont pas reçu moins de grâces que le peuple juif. Si les juifs…participent à la bénédiction d’Abraham, l’ami de Dieu, parce qu’ils sont ses descendants, rappelons que Dieu s’était engagé à donner aux païens une bénédiction semblable non seulement à celle d’Abraham, mais encore à celles d’Isaac et de Jacob. Il a prédit explicitement, en effet, que toutes les nations seront bénies pareillement et il invite tous les peuples à une seule et même joie avec ces bienheureux amis de Dieu : « Nations, réjouissez-vous avec son peuple » (Dt 32,43) et encore : « Les princes des peuples se sont rassemblés avec le Dieu d’Abraham » (Ps 46,10). Read the rest of this entry »
Confession, 12-14 (trad. SC 249, p. 83 rev.)
Moi qui étais d’abord un rustre fugitif et sans instruction, moi « qui ne sais pas prévoir l’avenir » (Qo 4,13 Vulg), je sais cependant une chose avec certitude : c’est qu’« avant d’être humilié » (Ps 118,67) j’étais comme une pierre gisant dans une boue profonde. Mais il est venu, « celui qui est puissant » (Lc 1,49) et dans sa miséricorde il m’a pris ; il m’a hissé vraiment bien haut et m’a placé au sommet du mur. C’est pourquoi je devrais élever la voix très fort, afin de rendre quelque chose au Seigneur pour ses bienfaits ici-bas et dans l’éternité, bienfaits si grands que l’esprit des hommes ne peut les compter. Read the rest of this entry »
Instruction spirituelle, 12, 2, 3 (trad. Bouchet, lectionnaire, p. 309 rev.)
Frères très chers, étanchez votre soif aux eaux de la source divine dont nous désirons vous parler : étanchez-la, mais ne l’éteignez pas ; buvez, mais ne soyez pas rassasiés. La source vivante, la source de vie nous appelle et nous dit : « Celui qui a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive » (Jn 7,37). Comprenez ce que vous buvez. Que le prophète vous le dise et qu’elle vous le dise la source elle-même : « Parole du Seigneur, ils m’ont abandonnée, moi la source d’eau vive » (Jr 2,13). C’est donc le Seigneur lui-même notre Dieu, Jésus Christ, qui est cette source de vie et c’est pourquoi il nous invite à venir à lui pour que nous le buvions. Il le boit celui qui aime, il le boit celui qui se nourrit de la Parole de Dieu… Buvons donc à la source que d’autres ont abandonnée. Read the rest of this entry »
Dialogue avec Tryphon (34-36 ; trad. coll. Icthus, vol. 3, p. 176s rev.)
Laissez-moi citer un psaume, dit par l’Esprit Saint à David ; vous dites qu’il se rapporte à Salomon, votre roi, mais c’est bien encore au Christ qu’il se rapporte…: « Dieu, donne au roi ton jugement » (Ps 71,1). Parce que Salomon est devenu roi, vous dites que c’est de lui que parle ce psaume, alors que les paroles du psaume désignent très clairement un roi éternel, c’est-à-dire le Christ. Car le Christ nous a été annoncé comme roi, prêtre, Dieu, Seigneur, ange, homme, chef suprême, pierre, petit enfant par sa naissance, comme un être de douleur d’abord, puis montant au ciel, revenant dans la gloire avec la royauté éternelle… Read the rest of this entry »
CC Sermon 53, sur le psaume 117 ; PL 57, 361 (trad. coll. Migne n°65, p. 126)
«Voici le jour que le Seigneur a fait, pour nous jour d’allégresse et de joie» (Ps 117,24). Ce n’est pas un hasard, mes frères, si nous lisons aujourd’hui ce psaume où le prophète nous convie à la joie et à l’allégresse, où le saint David invite toute la création à célébrer ce jour : car aujourd’hui la Résurrection du Christ a ouvert le séjour des morts, les nouveaux baptisés de l’Église ont rajeuni la terre, l’Esprit Saint a montré le ciel. Ouvert, l’enfer rend ses morts ; rajeunie, la terre fait éclore les ressuscités ; et le ciel s’ouvre tout grand pour accueillir ceux qui montent vers lui. Read the rest of this entry »
Homélie 5, sur la Résurrection ; PG 89, 1358 (trad. bréviaire rev.)
« Le Christ a connu la mort, puis la vie, pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants » (Rm 14,9) ; « Dieu n’est pas le Dieu des morts, il est le Dieu des vivants ». Puisque le Seigneur des morts est vivant, les morts ne sont plus des morts mais des vivants ; la vie règne en eux, pour qu’ils vivent et ne craignent plus la mort, de même que « le Christ, ressuscité des morts, ne meurt plus » (Rm 6,9). Read the rest of this entry »
Trad. Homéliaire patristique, coll. Lex orandi n°8, p. 223 rev.
Certains sont plongés dans l’incertitude par les stigmates de la Passion sur le corps du Christ et se posent la question : « Qui est ce Roi de gloire ? » (Ps 23,7) Réponds-leur que c’est le Christ fort et puissant (v. 8) en tout ce qu’il a toujours fait et qu’il continue de faire… Fais-leur voir la beauté de la robe portée par le corps souffrant du Christ, embelli par la Passion et transfiguré par l’éclat de la divinité, cette robe de gloire qui en fait l’objet le plus beau et le plus digne d’être aimé au monde… Read the rest of this entry »
L’Echelle sainte, 10ème degré (trad. Bellefontaine 1978, coll. SO 24, p. 138 rev.)
« Qu’as-tu à regarder la paille dans l’oeil de ton frère ? »
J’ai entendu certains parler en mal de leur prochain, et je les ai repris. Pour se défendre, ces ouvriers du mal ont répliqué : « C’est par charité et par sollicitude que nous parlons ainsi ! » Mais je leur ai répondu : Cessez de pratiquer une pareille charité, sinon vous accuseriez de mensonge celui qui dit : « Qui dénigre en secret son prochain, celui-là je le repousse » (Ps 100,5). Si tu l’aimes, comme tu le dis, prie en secret pour lui, et ne te moque pas de cet homme. C’est cette manière d’aimer qui plaît au Seigneur ; ne perds pas cela de vue, et tu veilleras très soigneusement à ne pas juger les pécheurs. Judas était du nombre des apôtres et le larron faisait partie des malfaiteurs, mais quel changement étonnant en un instant !… Read the rest of this entry »
Instruction 1, 2-4 ; PL 80, 231 (trad. Orval rev.)
« Ils ont vraiment reconnu que je suis venu d’auprès de toi, et ils ont cru »
Qui pourra suivre le Très-Haut jusqu’en son être inexprimable et incompréhensible ? Qui scrutera les profondeurs de Dieu ?… Qui donc est Dieu ? Père, Fils et Esprit Saint, Dieu est un. Ne te demande rien de plus au sujet de Dieu. Que ceux qui veulent savoir le fond des choses concernant Dieu commencent par considérer l’ordre naturel. Comprendre la Trinité est en effet justement comparé à la profondeur de la mer, dont la Sagesse de Dieu a dit : « Le fond des profondeurs, qui peut l’atteindre ? » (Eccl 7,24)…
Lettre aux Corinthiens, 49-50 (trad. AELF rev.)
Celui qui a l’amour dans le Christ, qu’il pratique les commandements du Christ. Ce lien en quoi consiste l’amour de Dieu, qui pourra l’expliquer? Qui peut exprimer la grandeur de sa beauté ? Les hauteurs où nous porte l’amour sont indicibles. L’amour nous unit à Dieu ; il « couvre une multitude de péchés » (1P 4,8)… C’est dans l’amour que le Maître nous a fait venir à lui. C’est à cause de son amour pour nous que Jésus Christ notre Seigneur a donné son sang pour nous, selon le dessein de Dieu, offrant sa chair pour notre chair, sa vie pour nos vies. Read the rest of this entry »
La Vie en Jésus Christ, IV, 93-97, 102 (trad. Brésard, 2000 ans C, p. 268 rev ; cf SC 355, p. 343s)
«Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde»
« Après nous avoir lavés de nos péchés Lui-même, le Christ s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les cieux » (He 1,3) … C’est donc pour nous servir qu’il est venu, de chez son Père, dans le monde. Et voici le comble : ce n’est pas seulement au moment où il apparaît sur terre revêtu de l’infirmité humaine qu’il se présente sous la forme de l’esclave et cache sa qualité de maître, mais plus tard aussi, au jour où il viendra dans toute sa puissance et paraîtra dans toute la gloire de son Père, lors de sa manifestation. Lors de son règne, est-il dit, «Il prendra la tenue de service, invitera ses serviteurs à se mettre à table et il les servira chacun à son tour» (Lc 12,37). Voilà celui par qui règnent les souverains et gouvernent les princes ! Read the rest of this entry »
Canon du Grand et Saint Carême de la Pâque, 1ère ode (trad. Clément, DDB 1982, p. 111s)
Par où commencer à pleurer les œuvres de ma vie ? Quels seront les premiers accents de ce chant de deuil ? Accorde-moi, ô Christ, dans ta miséricorde, le pardon de mes péchés…
Tel le potier pétrissant l’argile, tu m’as donné, mon Créateur, chair et os, souffle et vie. Seigneur qui m’as créé, mon juge et mon Sauveur, aujourd’hui ramène-moi vers toi.
O mon Sauveur, devant toi je confesse mes fautes. Je suis tombé sous les coups de l’Ennemi. Voici les plaies dont mes pensées meurtrières, comme des brigands, ont meurtri mon âme et mon corps (Lc 10,30s). Read the rest of this entry »
Catéchèses baptismales, n° 11 (trad. Eds. Soleil Levant 1962, p. 212s rev.)
Crois en Jésus Christ, Fils du Dieu vivant, mais selon l’Évangile, fils unique : « Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique, afin que celui qui croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » (Jn 3,16)…
Il est le Fils de Dieu par nature et non par adoption, puisqu’il est né du Père… Car le Père, étant Dieu véritable, a engendré le Fils semblable à lui-même, Dieu véritable… Read the rest of this entry »
1er sermon pour la Nativité du Seigneur
Une vierge est choisie de la maison royale de David pour porter en elle un enfant saint, fils à la fois divin et humain… Le Verbe, la Parole de Dieu, qui est Dieu lui-même, le Fils de Dieu qui « au commencement était auprès de Dieu, par qui tout a été fait et sans qui rien ne s’est fait » (Jn 1,1-3), s’est fait homme pour délivrer l’homme de la mort éternelle. Il s’est abaissé jusqu’à prendre l’humilité de notre condition sans que sa majesté en soit diminuée. Demeurant ce qu’il était et assumant ce qu’il n’était pas, il a uni une vraie nature de serviteur à la nature selon laquelle il est égal au Père. Il a joint si étroitement ces deux natures que sa gloire ne peut pas anéantir la nature inférieure, ni l’union avec celle-ci avilir la nature supérieure. Read the rest of this entry »
Sermon CC 61a ; PL 57, 233 (trad. coll. Pères dans la foi, Migne 1996, p. 25 rev.)
Répondre aux appels de Dieu à nous convertir du fond de notre cœur
Même sans que je vous en parle, frères, le temps suffit à nous avertir que l’anniversaire de la Nativité du Christ notre Seigneur est proche. La création elle-même exprime l’imminence d’un événement qui restaure tout pour le mieux. Elle aussi désire avec impatience voir illuminer ses ténèbres de l’éclat d’un soleil plus brillant que le soleil ordinaire. Cette attente de la création du renouvellement de son cycle annuel nous invite à attendre la naissance du nouveau soleil qu’est le Christ qui illumine les ténèbres de nos péchés. Read the rest of this entry »
Voici un lien qui nous a été communiqué par Ayham Saad sur l’histoire de la Nativité de notre Seigneur. Le film est en anglais avec sous-titrage en arabe, il couvre la période allant de l’Annociation à la Mère de Dieu jusqu’à la fuite en Egypte. A lire aussi sur les pages suivantes, une méditation de Saint Ephrem de Nisibie et une autre du Père Lev Gillet sur le thème de la fête.
Commentaire sur l’évangile de Jean, 4 ; PG 73, 560
« Il entra et saisit la main de la jeune fille »
Dès lors que le Christ est entré en nous par sa propre chair, nous ressusciterons entièrement ; il est inconcevable, ou plutôt impossible, que la vie ne fasse pas vivre ceux chez qui elle s’introduit. Comme on recouvre un tison ardent d’un tas de paille pour garder intacte le germe du feu, de même notre Seigneur Jésus Christ cache la vie en nous par sa propre chair et y met comme une semence d’immortalité qui écarte toute la corruption que nous portons en nous. Ce n’est donc pas seulement par sa parole qu’il réalise la résurrection des morts. Pour montrer que son corps donne la vie, comme nous l’avons dit, il touche les cadavres et par son corps il donne la vie à ces corps déjà en voie de désintégration. Si le seul contact de sa chair sacrée rend la vie à ces morts, quel profit ne trouverons-nous pas en son eucharistie vivifiante quand nous la recevrons !… Il ne suffirait pas que notre âme seulement soit régénérée par l’Esprit pour une vie nouvelle. Notre corps épais et terrestre aussi devait être sanctifié par sa participation à un corps aussi consistant et de même origine que le nôtre et devait être appelé ainsi à l’incorruptibilité.
Discours 26 ; PG 35, 1238 (trad. Eds Ouvrières 1959 p. 45 rev. ; cf Orval)
Un soir, je me promenais au bord de la mer ; comme dit l’Ecriture : « Le vent soufflait avec force, la mer se soulevait » (Jn 6,18). Les vagues se soulevaient au loin et envahissaient le rivage, heurtant les rochers, se brisant et se transformant en écume et en gouttelettes. De petits cailloux, des algues et les coquillages les plus légers étaient charriés par les eaux et jetés sur le bord, mais les rochers demeuraient fermes et inébranlables, comme si tout était calme, même au milieu de ces flots qui venaient les frapper…
J’ai tiré une leçon de ce spectacle. Cette mer, n’est-ce pas notre vie et la condition humaine ? Là aussi se trouvent beaucoup d’amertume et d’instabilité. Et les vents ne sont-ils pas les tentations qui nous assaillent et tous les coups imprévus de la vie ? C’est, je crois, ce que méditait David lorsqu’il s’écriait : « Sauve-moi, Seigneur, car les eaux me sont entrées jusqu’à l’âme ! Arrache-moi de l’abîme des eaux ! Je suis dans la haute mer et le flot me submerge » (Ps 68). Parmi les gens qui sont éprouvés, les uns me semblaient être comme ces objets légers et sans vie qui se laissent emporter sans opposer la moindre résistance ; ils n’ont en eux aucune fermeté ; ils n’ont pas le contrepoids d’une raison sage qui lutte contre les assauts. Les autres me semblaient des rochers, dignes de ce Roc sur lequel nous sommes établis et que nous adorons ; formés par les raisonnements de la vraie sagesse, ceux-là s’élèvent au-dessus de la faiblesse ordinaire et supportent tout avec une constance inébranlable.
Sermons au peuple, n° 6 ; CCL 103, 32 (trad. SC 175, p. 327 et Orval)
Frères, il y a deux sortes de champs : l’un est le champ de Dieu, l’autre celui de l’homme. Tu as ton domaine ; Dieu aussi a le sien. Ton domaine, c’est ta terre ; le domaine de Dieu, c’est ton âme. Est-il juste que tu cultives ton domaine et que tu laisses en friche celui de Dieu ? Si tu cultives ta terre et que tu ne cultives pas ton âme, c’est parce que tu veux mettre ta propriété en ordre et laisser en friche celle de Dieu ? Est-ce juste ? Est-ce que Dieu mérite que nous négligions notre âme qu’il aime tant ? Tu te réjouis en voyant ton domaine bien cultivé ; pourquoi ne pleures-tu pas en voyant ton âme en friche ? Les champs de notre domaine nous feront vivre quelques jours en ce monde ; le soin de notre âme nous fera vivre sans fin dans le ciel… Dieu a daigné nous confier notre âme comme son domaine ; mettons-nous donc à l’oeuvre de toutes nos forces avec son aide, pour qu’au moment où il viendra visiter son domaine, il le trouve bien cultivé et parfaitement en ordre. Qu’il y trouve une moisson et non des ronces ; qu’il y trouve du vin et non du vinaigre ; du blé plutôt que de l’ivraie. S’il y trouve tout ce qui peut plaire à ses yeux, il nous donnera en échange les récompenses éternelles, mais les ronces seront vouées au feu.
Puisque la Vierge Mère de Dieu devait naître de sainte Anne, la nature n’a pas osé anticiper sur la grâce : la nature demeura stérile jusqu’à ce que la grâce eût porté son fruit. Il fallait qu’elle naisse la première, celle qui devait enfanter le premier-né antérieur à toute créature, en qui tout subsiste. Joachim et Anne, heureux votre couple ! Toute la création est votre débitrice. C’est par vous, en effet, qu’elle a offert au Créateur le don supérieur à tous les dons, une mère toute sainte, seule digne de celui qui l’a créée.
Réjouis-toi, Anne, la stérile, toi qui n’enfantais pas ; éclate en cris de joie, toi qui n’as pas connu les douleurs. Réjouis-toi, Joachim : par ta fille un enfant nous est né, un fils nous a été donné. On proclame son nom : Messager du grand dessein de Dieu, qui est le salut de tout l’univers, Dieu fort. Oui, cet enfant est Dieu. Joachim et Anne, heureux votre couple, et parfaitement pur ! On vous a reconnus grâce à votre fruit, selon cette parole du Seigneur : Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Vous avez eu une conduite agréable à Dieu et digne d’elle que vous avez engendrée. À cause de votre vie chaste et sainte, vous avez produit le joyau de la virginité, celle qui devait être vierge avant l’enfantement, vierge en mettant au monde, vierge après la naissance ; la seule toujours Vierge d’esprit, d’âme et de corps.
Joachim et Anne, couple très chaste ! En observant la chasteté, cette loi de la nature, vous avez mérité ce qui dépasse la nature : vous avez engendré pour le monde celle qui sera, sans connaître d’époux, la Mère de Dieu. En menant une vie pieuse et sainte dans la nature humaine, vous avez engendré une fille supérieure aux anges, qui est maintenant la Souveraine des anges.
Enfant très gracieuse et très douce ! Fille d’Adam et Mère de Dieu ! Heureux ton père et ta mère ! Heureux les bras qui t’ont portée ! Heureuses les lèvres qui, seules, ont reçu tes chastes baisers pour que tu demeures toujours parfaitement vierge.
Acclamez Dieu, terre entière, sonnez, dansez, jouez. Élevez la voix, élevez-la, ne craignez pas !












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