Homélie sur le mystère de l’Incarnation, 148 ; PL 52, 596 (trad. bréviaire rev.)

Le Christ guérit la paralysie de nos membres et de nos coeurs 

L’incarnation du Christ n’est pas normale, c’est miraculeux ; ce n’est pas conforme à la raison, mais à la puissance divine ; cela vient du Créateur, non de la nature; ce n’est pas commun, c’est unique; c’est divin, non pas humain. Elle ne s’est pas faite par nécessité, mais par puissance… Elle a été mystère de foi, renouvellement et salut pour l’homme. Celui qui, sans être né, a formé l’homme avec de la glaise intacte (Gn 2,7), en naissant a fait un homme à partir d’un corps intact; la main qui a daigné saisir de l’argile pour nous créer a daigné saisir aussi notre chair pour nous recréer… 

Homme, pourquoi te méprises-tu tellement, alors que tu es si précieux pour Dieu? Pourquoi, lorsque Dieu t’honore ainsi, te déshonores-tu à ce point? Pourquoi cherches-tu comment tu as été fait et ne recherches-tu pas en vue de quoi tu es fait? Est-ce que toute cette demeure du monde que tu vois n’a pas été faite pour toi?

Le Christ prend chair pour rendre toute son intégrité à la nature corrompue; il assume la condition d’enfant, il accepte d’être nourri, il traverse des âges successifs afin de restaurer l’âge unique, parfait et durable qu’il avait lui-même créé. Il porte l’homme, pour que l’homme ne puisse plus tomber. Celui qu’il avait créé terrestre, il le rend céleste; celui qui était animé par un esprit humain, il lui donne la vie d’un esprit divin. Et c’est ainsi qu’il l’élève tout entier jusqu’à Dieu, afin de ne rien laisser en lui de ce qui appartient au péché, à la mort, au labeur, à la douleur, à la terre. Voilà ce que nous apporte notre Seigneur Jésus Christ qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père, dans l’unité du Saint Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.

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