Homélie 2 pour la Nativité de Marie, 4, 7 ; PG 96, 683s (trad. Orval)

« Enfin du grain est tombé dans la bonne terre »

C’est à Marie, me semble-t-il, que s’adresse le bienheureux prophète Joël lorsqu’il s’écrie : «Ne crains pas, toi, la terre, chante et réjouis-toi, parce que le Seigneur a réalisé en toi de grands desseins» (2,21). Car Marie est une terre: cette terre sur laquelle l’homme de Dieu Moïse a reçu l’ordre d’enlever sa sandale (Ex 3,5), image de la Loi dont la grâce viendra prendre la place. Elle est encore cette terre sur laquelle, par l’Esprit Saint, s’est établi celui dont nous chantons qu’il «établit la terre sur ses bases» (Ps 103,5).

C’est une terre qui, sans avoir été ensemencée, fait éclore le fruit qui donne à tout être sa nourriture (Ps 135,25). Une terre sur laquelle n’a point poussé l’épine du péché: bien au contraire, elle a donné le jour à celui qui l’a arrachée jusqu’à la racine. Une terre, enfin, non pas maudite comme la première, aux moissons remplies d’épines et de chardons (Gn 3,18), mais sur laquelle repose la bénédiction du Seigneur, et qui porte en son sein un «fruit béni» comme dit la parole sacrée (Lc 1,42)…

Réjouis-toi, Marie, maison du Seigneur, terre que Dieu a foulée de ses pas… Réjouis-toi, paradis plus heureux que le jardin d’Éden, où a germé toute vertu et a poussé l’arbre de Vie.

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