Correspondance – Éditions de Solesmes

363 – Demande: Est ce que il faut ou non interroger une seconde fois le même sur le même sujet ? Car je sais, Père, que parfois j’ai interrogé un Vieillard sur une pensée et je me suis entendu dire de ne pas faire telle chose; et après cela, l’interrogeant de nouveau sur la même pensée, j’ai reçu alors l’ordre de faire la chose en question. Pourquoi cela ?

Réponse de saint Jean : Frère, « les jugements de Dieu sont un abîme profond » (Ps 35,7). Dieu met dans la bouche de celui qui parle selon ce qui est dans le cœur de celui qui l’interroge, soit pour éprouver celui -ci, soit parce que son cœur a changé et qu’il mérite d’entendre autre chose, soit que d’autres, impliqués dans la même affaire, aient changé et que Dieu, à cause d’eux, parle autrement que la première fois par son saint.

Ainsi parla-t-il par Isaïe au roi Ezéchias. Après qu’il lui eut dit: « Mets ordre à tes affaires, car tu va mourir », le cœur du roi changea et s’attrista. Et à cause de cela, il lui fut dire encore par Isaïe: « Voici que Dieu a ajouté à ta vie quinze années » (Is 38,1-5). Si donc Dieu avait parlé la seconde fois par un autre, la chose aurait comporté du scandale, du fait que les deux saints auraient parlé différemment. De même encore au cœur des Ninivites, il parla par Jonas et dit: « Dans trois jours je détruirai la ville » (Jon 3,4). Et quand leur cœur eut changé et se fut repenti, Dieu montra sa grande bienveillance et épargna la ville, parce qu’elle s’était convertie au bien. C’est pourquoi, lorsqu’on interroge, on ne doit jamais changer de saint, mais interroger toujours le même, afin que, dans le cas où il deviendrait nécessaire que Dieu changeât la réponse, elle soit donnée encore par le même saint, pour qu’il n’en résulte pas de scandale.

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