entrance-webA 17 heures ce jour du 19 octobre 2009, les chants des chœurs de Balamand et de l’Archidiocèse  de Tripoli ont entamé des hymnes pour accueillir le nouveau Métropolite arrivant à pied à la cathédrale Saint Georges. Le convoi de Son Éminence Ephrem (Kyriakos) était parti du monastère « Al Nouriyé – Notre Dame de la lumière » – casa de Batroun avec à son bord Monseigneur Georges (Khodr), Métropolite du Mont Liban et vicaire patriarcale pour le diocèse de Tripoli depuis la dormition de Feu Monseigneur Elias (Corban), avant d’arriver dans le quartier de Zahrieh où les évêques, accompagnés de nombreuses personnalités, religieuses, culturelles et politiques ont accompli à pied la dernière partie du chemin salués par une foule en liesse applaudissant, saluant et chantant dans une ambiance chargée d’encens, de parfum et de grains de riz lancés sur les évêques, sous le son des cloches de la cathédrale et des églises avoisinantes. Vous pouvez visionner à la fin du texte de Mgr Georges un diaporama sur l’entrée de Mgr Ephrem au siège de l’archidiocèse à Tripoli.

Après la prière d’action de grâce et l’intronisation, Mgr Georges a prononcé ces quelques mots d’accueil à l’égard du nouvel évêque disant:

« Monseigneur l’Ange de Tripoli,

Voici ton territoire, prends en possession ! Ce peuple s’est rassemblé pour recevoir ta bénédiction et décoller vers les hauteurs. Il sait maintenant qu’il a un pasteur qui le gardera dans la piété, dans la fidélité à la Foi, dans la connaissance de celle-ci et sa mise en pratique. Chaque personne de cette Sainte Nation se veut ton fils spirituel, sachant que tu as en toi une paternité qui vient de Dieu le Père, faisant confiance à ton affection pour l’édifier et ne demandant que cela. Ce peuple t’accueille aujourd’hui car il attend de toi l’Évangile grâce auquel il veut vivre, et vivre droit, appelant sur toi les grâces de la Sainte Trinité afin que l’Église « soit splendide, sans tâche ni ride ni aucun défaut, mais sainte et irréprochable » (cf. Ep. 5,27). Et quand l’apôtre insiste en disant « sans tâche et irréprochable », les enfants de ton diocèse prennent conscience que le chemin est long et que tu es là pour les ramener à la droiture alors que tu te préserves dans une vie de sainteté. Les enfants ont faim, rompt-leur le pain afin que, s’ils mangent, ils reçoivent la Vie Éternelle, et comprennent la parole de notre béni Seigneur: « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (cf. Jn. 6,56). Ici, je veux dire aux fidèles de ce diocèse dans lequel j’ai été baptisé, que leur rôle dans ce pays et devant les horizons du Royaume est de se préserver de toute souillure car ils ont vaincu le monde et sont au-dessus de ses vicissitudes et le reste sera donné par surcroît. Si votre monde n’a pas « une onction » du monde à venir alors vous n’êtes fondés sur rien. Incarnez ce qui est éternel dans ce qui est éphémère, montrez-vous forts face aux choses éphémères.

Nous vivons en tout par les paroles que Jésus a prononcées. Ces paroles, nous les attendrons de ta bouche. Monseigneur, voici le contenu de ta pastorale pour que nous ne mourrions pas faute d’avoir étancher notre soif. Ceci est notre principale offrande à ce pays auquel nous souhaitons de se relever, de se renouveler et de participer à la diffusion de la justice dans toute l’humanité. C’est ce vers quoi aspirent tous les libanais, ce qui veut dire, partager avec les tiens, enfants de la ville et de la région, leur amour du même pays. Tripoli a vécu d’une façon véritable pendant de longues générations l’unité du Liban et la charte de la solidarité entre citoyens. Les habitants de cette ville, de Koura et de Donniyeh se tendent les bras les uns aux autres et cultivent les rapports de bon voisinage, d’affection et de politesse et ils espèrent que tu nourriras en eux ces aspirations, touchant toutes les classes sociales et leurs dirigeants, dans un grand esprit d’ouverture.

Ne frappe personne avec ton bâton de pasteur, toi qui a hérité de l’humilité du Maître, mais utilise-le pour diriger tes douces brebis à la rencontre des autres. Toi, tu t’adresses aux cœurs des gens, ceci est ta seule langue et c’est le langage que Dieu utilise avec les hommes. Celui qui a Dieu comme départ et comme aboutissement sait comment faire établir la paix de Dieu. Ceux qui ont été inspirés par cette vision vivent pour le bien-être et l’unité de tous. Ceci est le plus haut sommet sur l’échelle des rencontres entre les hommes. Ceci est plus noble que les intérêts confessionnels sur le plan politique. Tout progrès, toute grandeur chez les autres communautés nous réjouit et nous pousse à œuvrer pour sa consolidation. Nous ne formons pas une rencontre d’intérêts, nous formons une rencontre d’amour. Ceci est en toi, Monseigneur, le début et la fin. Ce peuple cheminera entre ces deux extrémités s’il voit l’éclat de la lumière sur ta face, alors, son rayonnement étonnera le monde, amin. »

Entrée de Mgr Ephrem au siège de l’archidiocèse

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