Homélies sur Saint Matthieu, n° 31,1-3 (trad. Véricel, L’Evangile commenté, p.155-156)

« Parvenu à la maison du chef et voyant les joueurs de flûte et la foule en tumulte, Jésus dit : ‘ Retirez-vous, la fillette n’est pas morte : elle dort. ‘ Et ils se moquaient de lui. » Jésus nous apprend ainsi à ne pas craindre la mort, car la mort n’est plus la mort : elle n’est plus désormais qu’un sommeil. Et comme il allait mourir lui-même, il prépare ses disciples, en ressuscitant les autres, à lui faire confiance et à ne pas s’alarmer de sa mort. Car depuis la venue du Christ, la mort n’est plus qu’un sommeil.

Cependant, ils se moquaient de lui ; mais il ne s’est pas indigné de ce refus de confiance au miracle qu’il allait opérer ; il n’a pas blâmé ces sourires, afin que ces sourires mêmes, avec les flûtes et le reste des préparatifs, rendent bien certaine la mort de la fillette. Apercevant donc les musiciens et la foule, Jésus les a fait tous sortir ; il a accompli le miracle en présence des parents… comme s’il la réveillait de son sommeil…

Il est évident que maintenant la mort n’est plus qu’un sommeil ; c’est une vérité aujourd’hui plus éclatante que le soleil. « Mais, dis-tu, le Christ n’a pas ressuscité mon enfant ! » Oui, mais il le ressuscitera, et avec beaucoup plus de gloire. Car cette fillette, qu’il a rendue à la vie, est morte de nouveau, alors que ton enfant, quand il le ressuscitera, restera immortel. Que personne donc ne pleure plus, que personne ne gémisse, que personne ne critique l’oeuvre du Christ. Car il a vaincu la mort. Pourquoi verses-tu des larmes inutiles ? La mort est devenue un sommeil : pourquoi gémir et pleurer ?    

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