Commentaire sur l’évangile de Marc ; PLS 2, 125s (trad. DDB 1986, p. 96 rev. ; cf SC 494, p. 217)

Dans l’évangile de Marc nous lisons : « Tandis qu’il était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, alors qu’il était à table, une femme vint avec un flacon d’albâtre contenant un parfum de grand prix » (14,3). Cette femme vous concerne directement, vous qui allez recevoir le baptême. Elle a brisé le flacon d’albâtre pour que le Christ, l’Oint du Seigneur, fasse de vous des chrétiens par l’onction. C’est ce qui est dit dans le Cantique des Cantiques : « Ton nom est un parfum qui s’épand : voilà pourquoi les jeunes filles t’aiment. Entraîne-moi à ta suite, courons ! » (1,3-4) Tant que le parfum était enfermé, tant que Dieu n’était connu qu’en Judée, tant que son nom n’était grand qu’en Israël (Ps 75,2) les jeunes filles ne suivaient pas Jésus. Mais dès que le parfum a été répandu dans le monde entier, les âmes des croyants ont suivi le Sauveur… Elle a brisé son flacon d’albâtre, afin que tous profitent du parfum…; cet acte rappelle « le grain de blé qui, s’il ne meurt pas en terre, ne porte pas de fruit » (Jn 12,24) : de même, si le flacon n’est pas brisé, nous ne pouvons pas nous oindre de parfum.

Cette femme n’est pas celle qu’un autre évangile cite pour avoir lavé les pieds du Seigneur (Lc 7,38). Car cette femme-là, qui jusque là était une pécheresse de mauvaise vie…, inonde de ses larmes les pieds du Sauveur et les essuie avec ses cheveux ; mais ce n’est qu’en apparence qu’elle lave les pieds du Sauveur, car en vérité elle se lave de ses péchés…

Qu’il en soit de même pour vous qui allez recevoir le baptême : puisque nous sommes tous pécheurs, que « nul n’est pur, même si sa vie n’a duré qu’un seul jour », (Jb 14,4 LXX)…, commencez par saisir les pieds du Sauveur, lavez-les de vos larmes, essuyez-les avec vos cheveux ; lorsque vous aurez fait cela, vous lui toucherez alors la tête, comme la femme chez Marc. Au moment de descendre dans la source de vie avec le Sauveur, vous devez apprendre comment le parfum arrive à la tête du Sauveur. Car si « la tête de tout homme, c’est le Christ » (1Co 11,3), votre tête aussi doit être parfumée, c’est par le baptême que vous recevrez cette onction.

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