La Philocalie – Desclée de Brouwer / J. – C. Lattès, p. 594-595

6- Outre tout cela, il faut savoir que l’amour passionné des plaisirs est divers et prend beaucoup de formes: les plaisirs qui trompent l’âme sont nombreux, quand celle-ci n’est pas fortifiée par la crainte divine et par l’amour du Christ, en étant sobre et vigilante devant Dieu et en s’appliquant à la pratique des vertus. Car des myriades de plaisirs attirent à eux les yeux de l’âme: les plaisirs du corps, ceux de l’argent, ceux de la jouissance, ceux de la gloire, ceux de la nonchalance, ceux de la colère, ceux du pouvoir, ceux de l’avarice, ceux de l’avidité.

Leur apparence est trompeuse, brillante et aimable, capable d’attirer ceux-là mêmes qui les craignent mais qui ne sont pas fortement épris de la vertu et ne supportent pas sa rigueur. Toute relation terrestre et le penchant passionné pour quelque chose de matériel plongent dans le plaisir et les délices celui qui se passionne, et montrent en lui par cette passion qu’est vaine et nuisible la convoitise de l’âme dès lors qu’à cause de cela celui qui est vaincu est soumis à l’ardeur et à la colère, à la tristesse et au ressentiment, à la privation de ce qu’il désire. Mais si avec le penchant passionné s’instaure une petite habitude, celle-ci prépare insensiblement et incurablement, hélas, celui qui s’est laissé prendre à être possédé jusqu’à la fin par les penchants déraisonnables, à travers le plaisir qu’ils cachent.

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