La Philocalie – Desclée de Brouwer / J. – C. Lattès, p. 595

7- Car le plaisir de la convoitise est multiple, comme on l’à dit; il ne s’accomplit pas seulement dans la prostitution et dans les autres jouissances du corps, mais dans toutes les passions. La chasteté n’est pas seulement de s’abstenir de la prostitution et des plaisirs du bas-ventre, mais d’être en dehors de tous les autres plaisirs. Donc celui qui est possédé par l’amour de la richesse, l’amour de l’argent et la cupidité est un débauché.

Car de même que celui-là est épris des corps, celui-ci est épris de la richesse. Il est même encore plus débauché, dans la mesure où la nature ne le pousse pas avec une force aussi grande. Le cavalier ignorant, pourrait-on dire non sans vérité ni justesse, n’est pas celui qui ne domine pas le cheval fougueux et difficile à maîtriser, mais celui qui est incapable de soumettre le cheval dressé et docile. Il est évident de tous côtés que le désir des richesses est vain et n’est pas conforme à la nature, dès lors qu’il ne tire pas sa force de la nature, mais d’une volonté pervertie.

C’est pourquoi celui qui se laisse vaincre par cette passion pèche impardonnablement. Il nous faut donc savoir clairement que ce n’est pas seulement dans les délices et la jouissance des corps que se définit l’amour du plaisir, mais dans ce qui, en tout mode et en toute chose, est aimé par une volonté et un penchant passionné de l’âme. Il nous faut le savoir, afin que les passions soient connues encore plus clairement dans les trois parties de l’âme et que nous puissions les exposer avec concision.

Publicités