La Philocalie – Desclée de Brouwer / J. – C. Lattès, p. 596 – 597

11- L’âme est triple, on l’a déjà dit, et ses trois parties sont la raison, l’ardeur, et le désir. S’il y a dans l’ardeur charité et amour de l’homme, et s’il y a dans le désir pureté et chasteté, la raison est illuminée. Mais s’il y a dans l’ardeur haine de l’homme, et s’il y a dans le désir débauche, la raison est enténébrée. Donc la raison est saine, sage et lumineuse lorsque les passions lui ont été soumises, qu’elle contemple dans l’Esprit les raisons des créatures de Dieu, et qu’elle s’élève vers la bienheureuse et Sainte Trinité.

L’ardeur, de son côté, se déploie selon la nature lorsqu’elle aime tous les hommes, n’est affligée par aucun d’eux et n’a de ressentiment pour personne. Quant au désir, il est selon la nature lorsque, par l’humilité, la tempérance et la dépossession, il met à mort les passions, c’est à dire le plaisir de la chair et la recherche de l’argent et de la gloire qui passe, et qu’il se tourne vers la ferveur de l’amour immortel de Dieu. En effet, le désir se porte dans trois directions: ou vers le plaisir de la chair, ou vers la vaine gloire, ou vers l’acquisition de la richesse.

Par cette recherche dénuée de raison, il méprise Dieu et ses commandements, il oublie la noblesse de l’origine divine, il est pour le prochain comme une bête sauvage, il enténèbre la raison et ne lui permet pas de regarder la vérité. Mais celui dont le sentiment est plus haut que tout cela reçoit désormais le Royaume des cieux, comme il a été dit, et mène une vie bienheureuse, dans l’attente de la béatitude réservée à ceux qui aiment Dieu. Puissions-nous en être jugés dignes, nous aussi, par la grâce de notre Seigneur Jésus Christ. Amin.

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