La Philocalie – Desclée de Brouwer / J. – C. Lattès, p. 597-598

13- Outre ce que nous avons dit, il faut surtout savoir aussi ce qui est le plus nécessaire pour tous ceux qui souhaitent pratiquer la vertu et qui s’efforcent de se détourner du vice: autant l’âme est incomparablement meilleure que le corps, l’emporte sur lui et est plus précieuse que lui en beaucoup de choses et dans les plus grandes choses, autant les vertus de l’âme, et singulièrement celles qui imitent Dieu et portent le nom de Dieu, sont meilleures que les vertus du corps.

Mais il faut au contraire considérer que les vices de l’âme l’emportent sur les passions  du corps par la manière dont ils s’accomplissent et par les châtiments qu’ils subissent, même si cela, à leur insu, échappe à la plupart, je ne sais comment.

Ceux qui se gardent de l’ivrognerie, de la prostitution, de l’adultère, du vol et des vices qui leur sont proches, qui les fuient ou qui les retranchent, visiblement les tiennent, la plupart du temps, pour exécrables. Mais les passions de l’âme, qui sont bien pires et bien plus graves que ces vices du corps, et qui réduisent à l’état de démons et mènent au châtiment éternel qui leur est réservé ceux qui s’attachent à eux irrémédiablement, ils ne les sentent pas. Je veux dire la jalousie, le ressentiment, la malignité, l’insensibilité, et la racine de tous les vices selon l’Apôtre: l’amour de l’argent, ainsi que les passions qui leur ressemblent.

Publicités