Du bienfait de la patience, 3-5 ; PL 4, 624-625 (trad. Orval) 

Quelle grande patience que celle de Dieu !… Il fait naître le jour et se lever la lumière du soleil à la fois sur les bons et sur les méchants (Mt 5,45) ; il arrose la terre de ses pluies, et personne n’est exclu de ses bienfaits, si bien que l’eau est accordée indistinctement aux justes et aux injustes. Nous le voyons agir avec une égale patience envers les coupables et les innocents, les fidèles et les impies, ceux qui rendent grâce et les ingrats. Pour eux tous, les temps obéissent aux ordres de Dieu, les éléments se mettent à leur service, les vents soufflent, les sources jaillissent, les moissons croissent en abondance, le raisin mûrit, les arbres regorgent de fruits, les forêts verdissent et les prés se couvrent de fleurs…

Bien qu’il ait le pouvoir de la vengeance, il préfère patienter longtemps et il attend et diffère avec bonté pour que, s’il était possible, la malice s’atténue avec le temps et que l’homme… se tourne enfin vers Dieu, selon ce qu’il nous dit lui-même en ces termes : « Je ne veux pas la mort de celui qui meurt, mais plutôt qu’il revienne à moi et vive » (Éz 33,11). Et encore : «Revenez à moi, revenez au Seigneur votre Dieu, car il est miséricordieux, bon, patient et très compatissant » (Jl 2,13)… 

Or Jésus nous dit : «Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait» (Mt 5,48). Par ces paroles il nous montre que, fils de Dieu et régénérés par une naissance céleste, nous atteignons le sommet de la perfection lorsque la patience de Dieu le Père demeure en nous et que la ressemblance divine, perdue par le péché d’Adam, se manifeste et brille dans nos actes. Quelle gloire de ressembler à Dieu, quel grand bonheur que d’avoir cette vertu digne des louanges divines !

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