La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 146-147

11. Ne t’enorgueillis pas de ta connaissance des Écritures, afin de ne pas tomber dans l’esprit de blasphème.

12. N’essaie pas de régler une affaire tortueuse par la contestation, mais par les moyens qu’indique la loi spirituelle: la patience, la prière, une espérance simple.

13. L’aveugle crie: « Fils de David, aie pitié de moi. » (Lc. 18,38) Sa prière est corporelle. Il n’a pas encore la connaissance spirituelle.

14. Celui qui à l’instant encore était aveugle leva les yeux et, voyant le Seigneur, il le proclama non plus Fils de David, mais Fils de Dieu, et se prosterna pour l’adorer. (Cf. Jn 9,38)

15. Ne t’enorgueillis pas des larmes que tu verses dans la prière. Car le Christ a touché tes yeux, et tu vois désormais avec ton intelligence.

16. Celui qui, à l’exemple de l’aveugle, a rejeté son manteau et s’est approché du Seigneur, se met à le suivre et devient le messager d’enseignements plus parfaits.

17. La malice entretenue par les pensées durcit le cœur. Mais emportée par la tempérance et l’espérance, elle le brise.

18. Il est une affliction du cœur douce et bienfaisante, qui porte à la componction. Et il en est une autre, violente et dangereuse, qui tend à le meurtrir.

19. Les veilles, la prière, la patience devant les évènements brisent le cœur sans le blesser et lui font du bien, à condition seulement que ne soit pas refusé leur concours par esprit de convoitise. Celui qui persévère en elles sera aidé dans tout le reste. Mais celui qui les néglige et se disperse éprouvera, au sortir de ce monde, une souffrance intolérable.

20. Un cœur qui aime le plaisir est une prison et une chaîne de l’âme à l’heure de la mort. Mais un cœur qui aime la peine est une porte ouverte.

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