La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 151

81. Celui qui méprise l’intelligence et se vante de ne rien savoir, n’est pas seulement ignorant dans ses paroles, mais aussi dans son jugement (Cf. II Cor. 11,6)

82. De même qu’autre chose est l’éloquence et autre chose l’intelligence, de même autre chose est la simplicité du discours et autre chose la sottise.

83. L’ignorance des mots ne nuira pas à qui est vraiment pieux. Et l’éloquence ne nuira pas non plus à qui est humble.

84. Ne dis pas : « Je ne sais pas ce que je dois faire. Je ne suis donc pas coupable de ne pas le faire ». Car si tu faisais tout ce que tu sais être bien, le reste te serait révélé à la suite. Tu comprendrais les choses une par une, comme on passe d’une chambre dans une autre. Il ne t’importe pas, avant de te mettre à l’œuvre, de savoir ce qui suivra. Car la science enfle quand elle ne fait rien, mais l’amour édifie, parce qu’il supporte tout (Cf. I Cor. 8,1 et 13,7)

85. Lis à même tes actes les paroles de la divine Écriture, et ne te répands pas en vains discours, enflé par tes seules  pensées.

86. Celui qui abandonne la pratique et ne s’appuie que sur la simple connaissance, tient une tige de roseau au lieu d’une épée à double tranchant. Au moment du combat, le roseau percera et pénètrera sa main, dit l’ Écriture, y jetant son venin naturel, au lieu d’être lancé contre les ennemis (Cf. I Tim. 6,10)

87. C’est auprès de Dieu que toute pensée  a sa mesure et son poids. La pensée, qu’elle soit passionnée ou simple, est toujours la même.

88. Celui qui accomplit un commandement doit s’attendre à l’épreuve qui s’y attache. L’amour pour le Christ se prouve, en effet, dans l’adversité.

89. N’aie jamais la présomption de négliger les pensées. Car aucune pensée n’échappe à Dieu.

90. Quand tu vois une pensée inspirer la gloire humaine, sache clairement qu’elle te prépare la confusion.

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