La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 152-153

101. L’intelligence est aveuglée par ces trois passions, je veux dire l’amour de l’argent, l’amour de la vaine gloire et le plaisir.

102. Ces passions sont les trois filles de la sangsue dont parle l’Ecriture, qui sont aimées d’amour par leur mère, la folie. (Cf. Prov. 30,15-16)

103. La connaissance et la foi, qui accompagnent notre nature, ne sont émoussées par rien d’autre que par ces trois passions.

104. C’est par ces trois passions que la fureur et la colère, les guerres, les meurtres et les autres maux ont tellement pris le dessus parmi les hommes.

105. Ainsi nous devons haïr l’amour de l’argent, l’amour de la vaine gloire et le plaisir, comme les mères des maux et les marâtres des vertus.

106. C’est à cause d’elles que nous avons reçu l’ordre de ne pas aimer le monde ni ce qui est dans le monde (Cf. IJn. 2,15), non pour haïr sans discernement les créatures de Dieu, mais pour couper court aux causes de ces trois passions.

107. Il est dit que nul, s’il va combattre, ne s’embarrasse des affaires de cette vie (Cf. IITim. 2,4). Celui qui, au milieu d’un tel embarras, veut vaincre les passions est semblable à celui qui veut éteindre un incendie avec de la paille.

108. Celui qui pour une question d’argent, de gloire ou de plaisir s’emporte contre son prochain, n’a pas encore compris que Dieu dirige les choses dans la justice.

109. Quand tu entends le Seigneur dire : « Si quelqu’un ne renonce pas à tout ce qu’il a, il n’est pas digne de moi (Lc. 14,33)», comprends qu’il ne parle pas seulement de l’argent, mais de tout ce qui porte au mal.

110. Celui qui ne connaît pas la vérité ne saurait non plus vraiment croire. Car la connaissance précède naturellement la foi.

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