La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 156-157

171. Tout ce qui existe commence petit, puis, se nourrissant peu à peu, se met à croître.

172. La ruse de la malice est un filet aux mille mailles. Celui qui se laisse prendre en partie, s’il ne fait pas attention, sera entravé tout entier.

173. Ne cherche pas à entendre le récit du malheur des hommes qui sont tes ennemis. Ceux qui écoutent de telles paroles récoltent les fruits de leur propre disposition.

174. Ne pense pas que toute affliction arrive aux hommes par le péché. Car il en est qui plaisent à Dieu et qui sont éprouvés.  Il est écrit : « Les impies et les iniques seront chassés (Ps. 36 (37),28.) ».  Mais il est aussi écrit : « Ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ seront persécutés (I Tim. 3,12.). »

175. Quand tu es affligé, veille à la suggestion du plaisir. Car nous l’acceptons aisément, dès lors qu’elle nous console de l’affliction.

176. Certains disent que sont sages ceux qui savent discerner les choses sensibles. Mais sont sages bien plutôt ceux qui maîtrisent leurs volontés propres.

177. N’écoute pas ton cœur avant d’en avoir enlevé le mal. Car il réclame les intérêts de tout ce qu’on lui confie.

178. De même qu’il y a des serpents qu’on rencontre dans les bois, et qu’il y en a d’autres qui se cachent dans les maisons, de même il est des passions qui se forment dans la raison, et il en est d’autres qui se mettent en œuvre dans l’action, même si elles passent d’une forme à l’autre.

179. Quand tu vois des pulsions cachées agir au fond de toi et appeler à la passion l’intelligence en état d’hèsychia, sache que c’est l’intelligence elle-même qui autrefois les a suscitées, les a mises en œuvre et les a portées dans le cœur.

180. Un nuage ne se forme pas sans le souffle du vent. Et la passion ne saurait naître sans la pensée.

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