La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 160-161

17. Sans le corps, l’intelligence accomplit bien des choses bonnes ou mauvaises. Mais sans l’intelligence, le corps ne peut pas accomplir ces choses. C’est pourquoi la loi de la liberté se manifeste avant nos actes.

18. Les uns, qui n’observent pas les commandements, pensent avoir une foi droite. D’autres, qui les observent, attendent le Royaume comme un salaire qui leur est dû. Les uns et les autres s’écartent de la vérité.

19.  Le maître ne doit pas de salaire aux serviteurs. Mais ceux qui ne servent pas droitement n’obtiendront pas non plus la liberté.

20. Si le Christ est mort pour nous, selon les Écritures (Cf. Rm. 5,8), et si nous vivons, non pour nous-mêmes, mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour nous (Cf. II Cor. 5,15), il est clair que nous devons le servir jusqu’à la mort. Dès lors, comment pouvons- nous  penser que la filiation adoptive nous soit dûe ?

21. Le Christ est notre Maître par essence, et notre maître par l’économie du salut. Car nous n’étions pas, et il nous a faits. Nous étions morts par le péché, et il nous a rachetés de son propre sang. A ceux qui croient ainsi, il a fait don de la grâce.

22. Quand tu entends l’Écriture dire qu’il rendra à chacun selon ses œuvres (Cf. Mt. 16,27), il ne faut pas entendre par là des œuvres qui méritent la géhenne ou le Royaume, mais que le Christ rend à chacun selon ses œuvres d’incrédulité ou de foi, non comme instaurant un échange, mais comme notre Dieu Créateur et Rédempteur.

23. Nous qui avons été jugés dignes du bain de la nouvelle naissance, joignons-y  les bonnes œuvres, non pour donner en échange, mais pour garder la pureté qui nous a été accordée.

24. Toute œuvre bonne que nous faisons par le moyen de notre nature nous éloigne du mal contraire, mais ne saurait susciter sans la grâce le surcroît de la sanctification.

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