La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 161

25. Celui qui est tempérant se garde de la gourmandise. Celui qui renonce à posséder se garde de la cupidité. Celui qui vit dans l’hèsychia se garde du bavardage. Celui qui est pur se garde de l’amour du plaisir. Celui qui est chaste se garde de la prostitution. Celui qui se suffit se garde de l’amour de l’argent. Celui qui est doux se garde du trouble. Celui qui est humble se garde de la vaine gloire. Celui qui obéit se garde de la contestation. Celui qui discute se garde de l’hypocrisie. De même celui qui prie se garde de la désespérance. Celui qui est pauvre se garde de l’abondance des biens. Celui qui confesse se garde du reniement. Celui qui témoigne se garde de l’idolâtrie. Vois-tu que toute vertu pratiquée jusqu’à la mort n’est rien d’autre que l’abstention du péché ? Or s’abstenir du péché est l’œuvre de la nature, non une monnaie d’échange en vue du Royaume.

26. L’homme observe avec peine les devoirs de sa nature. C’est le Christ qui, par sa croix, lui accorde la grâce de la filiation adoptive.

27. Il y a un commandement relatif, et un autre commandement qui est absolu. Le commandement relatif ordonne de donner à celui qui n’a pas (Cf. Lc 3,11). L’autre ordonne de renoncer à tout ce qu’on possède (Cf. Lc 14,33).

28. Il est une énergie de la grâce, qu’ignore le novice. Et il en est une autre, une énergie du mal, qui se confond avec la vérité. Il est bon de ne pas scruter ces énergies, à cause de l’erreur, et de ne pas non plus les rejeter, à cause de la vérité. Mais il faut tout remettre à Dieu dans l’espérance. Lui sait, en effet, l’utilité des deux.

29. A celui qui veut traverser la mer spirituelle, il faut la constance, l’humilité, les veilles, la tempérance. S’il s’efforce de traverser sans ces quatre vertus, il troublera son cœur, mais il ne passera pas.

30. L’hèsychia est le retrait qui se coupe du mal. Si elle adjoint à la prière les quatre vertus, il n’est pas de moyen plus rapide pour parvenir à l’impassibilité.

31. Il est impossible à l’intelligence de connaître l’hèsychia sans le corps, ni de détruire le mur qui les sépare sans l’hèsychia et la prière.

32. La chair désire contre l’esprit, et l’esprit désire contre la chair (Gal. 5,17). Mais ceux qui marchent dans l’esprit n’accomplissent pas le désir de la chair (Cf. Gal. 5,16).

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