Sur l’incarnation du Verbe, 13 (trad. cf SC 199, p.311s)

Puisque les hommes s’étaient rendus déraisonnables et que la tromperie des démons jetait son ombre de tous côtés et cachait la connaissance du vrai Dieu, que devait faire Dieu ? Se taire devant une pareille situation ? Accepter que les hommes soient égarés ainsi et ne connaissent pas Dieu ?…

Dieu ne va-t-il pas épargner à ses créatures d’être égarées loin de lui et assujetties au néant, surtout si cet égarement devient pour elles cause de ruine et de perte, alors que les êtres qui ont participé à l’image de Dieu (Gn 1,26) ne doivent pas périr ? Que fallait-il donc que Dieu fasse ? Que faire, sinon renouveler en eux son image, afin que les hommes puissent de nouveau le connaître ?

Mais comment cela se fera-t-il, sinon par la présence de l’image de Dieu elle-même (Col 1,15), notre Sauveur Jésus Christ ? Cela n’était pas réalisable par des hommes, puisqu’ils ne sont pas l’image mais ont été créés selon l’image ; ce n’était pas réalisable par des anges non plus, car même eux ne sont pas images.

C’est pourquoi le Verbe de Dieu est venu lui-même, lui qui est l’image du Père, afin d’être en mesure de restaurer l’image au fond de l’être des hommes. Par ailleurs, cela ne pouvait pas se produire si la mort et la dégradation qui la suit n’étaient pas anéanties. C’est pourquoi il a pris un corps mortel, afin de pouvoir anéantir la mort et restaurer les hommes faits selon l’image de Dieu. L’image du Père, donc, son Fils très saint, est venue chez nous pour renouveler l’homme fait à sa ressemblance et pour le retrouver, alors qu’il était perdu, par la remise de ses péchés, comme il le dit lui-même : « Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19,10).

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