La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 161-162

33. Il n’est pas de prière parfaite sans invocation de l’intelligence. Le Seigneur écoute l’intelligence qui ne cesse d’appeler.

34. L’intelligence qui prie continuellement afflige le cœur. Or Dieu ne méprise pas le cœur brisé et humilié (Cf. Ps. 50(51),19).

35. La prière aussi est appelée vertu, bien qu’elle en soit plutôt la mère. Car c’est elle qui les enfante, par son union avec le Christ.

36. Ce que nous faisons sans prière et sans bonne espérance s’avère ensuite nuisible et imparfait.

37. Quand tu entends que les derniers seront les premiers et que les premiers seront les derniers (Cf. Mt. 19,30), comprends qu’il est question de ceux qui ont les vertus et l’amour en partage. L’amour est, en effet, dans l’ordre, la dernière des vertus, mais cette vertu se trouve en dignité la première de toutes, révélant par là que les vertus qui la précèdent sont les dernières.

38. Si tu connais l’acédie dans la prière, si tu es affligé de toutes les manières par le mal, souviens-toi de la mort et des durs châtiments. Mais mieux vaut s’attacher à Dieu par la prière et l’espérance (Cf. Ps. 72(73), 28) que d’avoir des pensées étrangères, si utiles soient-elles.

39. Aucune des vertus ne peut à elle seule ouvrir la porte de notre nature, si toutes ne se suivent pas en se tenant les unes les autres.

40. Celui qui se nourrit de pensées n’a pas la tempérance. Si utiles soient-elles, elles ne le sont pas plus que l’espérance.

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