La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 164

73. Quand, pour se livrer au plaisir, le cœur cesse d’aimer la peine, alors il devient plus difficile à maîtriser qu’une très lourde pierre roulant sur une pente.

74. Le petit veau sans expérience qui court dans les herbes se trouve soudain dans un lieu entouré de précipices. Il en va de même pour l’âme qui se laisse peu à peu dévoyer par les pensées.

75. Quand l’intelligence affermie dans le Seigneur s’arrache à une longue habitude, alors le cœur est comme tourmenté par des bourreaux, l’intelligence et la passion, qui le tirent de tous côtés.

76. De même que ceux qui naviguent en mer dans l’espoir du gain supportent volontiers l’ardeur du soleil, de même ceux qui haïssent le mal aiment le blâme. C’est pourquoi les uns affrontent les vents, les autres les passions.

77. La fuite en hiver ou pendant le sabbat (Cf. Mt. 24,20) est souffrance du corps et profanation de l’âme.  Il est va de même du soulèvement des passions dans un corps âgé et une âme consacrée.

78. Nul n’est bon et compatissant comme le Seigneur. Pourtant, même lui ne saurait pardonner à qui ne se repent  pas.

79. Nous sommes nombreux à nous affliger de nos péchés. Mais nous admettons volontiers leurs causes.

80. Rampant sous terre et aveugle, la taupe ne saurait voir les étoiles. De même celui qui  ne se confie pas en Dieu dans les choses du temps ne peut se confier en lui dans se qui touche à l’éternité.

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