La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 168-169

137. Ne te réjouis pas quand tu fais du bien à quelqu’un, mais quand tu supportes sans ressentiment l’hostilité qui s’ensuit. Comme les nuits succèdent aux jours, ainsi le mal, en effet, succède à la bienfaisance.

138. La vaine gloire, l’amour de l’argent et le plaisir ne laissent pas sans tache la bienfaisance, s’ils ne sont pas d’abord terrassés par la crainte de Dieu.

139. La pitié de Dieu se cache dans les souffrances involontaires. Elle entraîne au repentir celui qui les supporte, et elle le préserve du châtiment éternel.

140.  Parmi ceux qui observent les commandements, les uns attendent que sur la balance les commandements fassent contrepoids à leurs péchés, et les autres espèrent par là obtenir le pardon de Celui qui est mort pour nos péchés. Il nous faut chercher qui a raison.

141. La peur de la géhenne et le désir du Royaume délivrent la patience dans les afflictions. Cela, non par eux-mêmes, mais par la grâce de Celui  qui connaît nos pensées (Cf. Mt.5,22).

142. Celui qui croit au siècle à venir, de lui-même s’abstient des plaisirs du siècle présent. Mais celui qui n’y croit pas se livre au plaisir, et devient insensible.

143. Ne dis pas : « Comment le pauvre se livrera-t-il au plaisir, puisqu’il n’en a pas les moyens ?» Car on peut aussi se livrer au plaisir en pensée, de manière plus misérable encore.

144. Autre est la connaissance des choses, et autre la reconnaissance de la vérité. Autant le soleil diffère de la lune, autant la seconde est plus utile que la première.


Publicités