La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 171-172

172. Celui qui veut éviter toute agression du mal, doit par la prière confier à Dieu ce qu’il fait, garder dans son intelligence l’espérance en lui et, autant qu’il lui est possible, se détacher du souci du sensible.

173. Quand la diable trouve quelqu’un occupé sans nécessité aux choses du corps, il le dépouille d’abord de sa connaissance, puis il coupe, comme la tête, son espérance en Dieu.

174. Si jamais tu atteins le lieu fortifié de la prière pure, garde-toi en cet instant d’accueillir la connaissance des choses suscitées par l’ennemi, afin de ne pas perdre le plus important. Car il vaut mieux le percer des traits de la prière, alors qu’il est comme enfermé au-dessous de nous, plutôt que de nous entretenir avec lui, qui vient nous offrir ses mensonges et cherche, dans sa ruse, à nous détacher de la prière qui nous défend contre lui.

175. La connaissance des choses aide l’homme au moment de la tentation et de l’acédie. Mais elle est normalement nuisible au moment de la prière.

176. Si tu as charge d’enseigner dans le Seigneur et si on ne t’écoute pas, afflige-toi en esprit, mais ne te trouble pas ostensiblement. Affligé, tu ne seras pas condamné avec celui qui n’écoute pas. Mais si tu te laisses troubler, tu seras tenté dans ton trouble même.

177. Quand tu enseignes, ne cache pas à ceux qui t’écoutent ce qu’ils doivent faire. Expose clairement ce qui leur est aisé. Mais ce qui leur est dur, expose-le en énigmes.

178. A celui qui ne t’est pas attaché par l’obéissance, ne reproche pas sa faute en face. Car cela relève plus de l’autorité que du conseil.

179. Ce qui est dit de nombreuses fois devient utile à tous, chacun retenant dans sa conscience ce qui le concerne.

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