La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 173

188. Garde de l’ostentation ta parole, et de la présomption ta pensée, afin de ne pas céder et de ne pas faire le contraire du bien. Car ce n’est pas l’homme seul qui accomplit le bien, mais Dieu qui voit tout.

189. Dieu, qui voit tout, accorde des fruits dignes à nos œuvres, comme à nos intentions et à nos pensées volontaires.

190. Les pensées involontaires naissent d’un péché antérieur, Mais les pensées volontaires naissent de la volonté libre. D’où les secondes se trouvent être les causes des premières.

191. Aux mauvaises pensées qui nous viennent à l’encontre de notre intention succède la tristesse : c’est pourquoi elles s’évanouissent vite. Mais aux pensées qui vont dans le sens de notre intention succède la joie : aussi ne se laissent-elles pas dissiper facilement.

192. Celui qui aime le plaisir s’afflige au milieu des blâmes et de la misère. Mais celui qui aime Dieu s’afflige au milieu des éloges et des succès.

193. Celui qui ne connaît pas les jugements de Dieu suit en esprit une voie bordée de précipice, et le moindre vent n’a aucune peine à le renverser. Loué, il s’enorgueillit. Blâmé, il se lamente. Choyé, il est impudent. Affligé, il se plaint. S’il comprend, il se vante. S’il ne comprend pas, il fait semblant. Riche, il se glorifie. Pauvre, il dissimule. S’il est rassasié, il est arrogant. S’il jeûne, il en fait vanité. Il querelle ceux qui le blâment. Et il tient pour sots ceux qui lui pardonnent.

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