La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 174

202. De même qu’agir selon Dieu s’appelle vertu, de même aussi une affliction imprévue s’appelle épreuve.

203. Dieu éprouva Abraham (Cf. Gn. 22,1 et s.), c’est-à-dire qu’il l’affligea pour son bien, non pour savoir quel il était (car il le connaissait, lui qui connaît toutes choses avant qu’elles ne soient), mais pour le mettre à même de parvenir à la foi parfaite.

204. Toute affliction indique de quel côté penche la volonté, vers la droite ou vers la gauche. C’est pourquoi l’affliction imprévue s’appelle épreuve. A celui qui la reçoit en partage, elle dispense l’expérience de ses volontés cachées.

205. La crainte de Dieu nous oblige à combattre le mal. Et si nous le combattons, la grâce de Dieu le combat aussi.

206. La sagesse n’est pas seulement de connaître la vérité dans ses conséquences naturelles, mais aussi de supporter comme notre bien propre la méchanceté de ceux qui commettent l’injustice. Ceux qui se contentent du premier degré s’élèvent par orgueil. Ceux qui parviennent au second acquièrent l’humilité. 

207. Si tu veux ne pas être travaillé par les pensées mauvaises, accepte d’être humilié dans ton âme et affligé dans ta chair. Et cela, non en passant, mais en tout temps, en tout lieu, en toute chose.

208. Celui qui se laisse volontairement instruire par les afflictions, ne sera pas dominé par les pensées involontaires. Mais celui qui n’accepte pas les premières sera captif des secondes, même s’il ne le veut pas.

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