La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 174-175

209. Lorsque, sous le coup d’une injustice, tes entrailles et ton cœur se durcissent, ne t’attriste pas. Car cette émotion, qui révèle ce que tu portais en toi, est providentielle. Renverse avec joie les pensées qui se soulèvent, sachant que si elles sont détruites dès qu’elles apparaissent, le mal aussi sera naturellement détruit avec elles, après l’émotion. Mais si les pensées perdurent, il est normal que le mal aussi continue de croître.

210. Sans la contrition du cœur, il est tout à fait impossible d’échapper au mal. Or ce qui brise le cœur, c’est la triple abstinence, je veux dire l’abstinence du sommeil, de la nourriture et du relâchement corporel. L’excès en ces trois choses mène en effet à l’amour du plaisir. Et l’amour du plaisir accueille les mauvaises pensées. Il s’oppose à la prière, comme au service qui nous est imparti.

211. S’il te revient de commander à tes frères, remplis ta charge et ne vas pas, à cause des contradicteurs, taire ce qu’il faut faire. En ceux qui obéiront, tu auras ta récompense, pour leur vertu. Mais ceux qui n’écouteront pas, pardonne-leur de toute manière, et tu recevras le même pardon de Celui qui a dit : « Pardonnez, et il vous sera pardonné (Cf. Act. 6,15). »

212. Tout événement est comme un marché. Celui qui sait commercer y gagnera beaucoup. Celui qui ne sait pas y perdra.

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