La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 176

224. Le Seigneur, qui savait cela, nous a prescrit : « Ne vous inquiétez pas du lendemain (Mt. 6,34) », et avec raison. Car comment celui qui n’est pas affranchi des choses de la matière et des soucis qu’elles entraînent, se délivrera-t-il des pensées mauvaises ? Comment celui qui est la proie des pensées verra-t-il dans sa réalité le péché qu’elles recouvrent ?

Ce péché est dans l’âme ténèbres et brumes. Et il a son origine dans les pensées et les actions mauvaises. En effet, le diable tente l’homme par des suggestions, sans lui faire violence, en lui donnant d’entrevoir l’origine du péché. Et l’homme se laisse prendre avec complaisance, par amour du plaisir et vaine gloire. Car même si, par discernement, il ne le voulait pas, il se livrerait au plaisir et consentirait.

Quant à celui qui ne voit pas le péché qui l’entoure, comment priera-t-il pour en être purifié ? Et s’il n’a pas été purifié, comment trouvera-t-il le lieu de la nature pure ? Mais s’il ne le trouve pas, comment verra-t-il la maison intérieure du Christ, pour autant que nous sommes la maison de Dieu, comme disent les prophètes, les évangélistes et les apôtres (Cf. Hb. 3, 6) ?

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