La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 373-374

1. L’amour est une disposition bonne de l’âme, selon laquelle rien de ce qui est ne lui est préférable à la connaissance de Dieu. Et il est impossible que parvienne à posséder cet amour celui que passionne quelqu’une des choses terrestres.

2. L’amour naît de l’impassibilité ; l’impassibilité, de l’espérance en Dieu ; l’espérance, de la patience et de la longanimité ; celles-ci, de la tempérance en tout ; la tempérance, de la crainte de Dieu ; et la crainte, de la foi en Dieu.

3. Celui qui croit au Seigneur craint le châtiment. Celui qui craint le châtiment se garde des passions. Celui qui se garde des passions supporte les afflictions. Celui qui supporte les afflictions aura l’espérance en Dieu. L’espérance en Dieu sépare l’intelligence de tout penchant terrestre. Et celui dont l’intelligence est ainsi séparée aura l’amour de Dieu.

4. Celui qui aime Dieu, à tout ce qu’il a créé préfère sa connaissance, et sans cesse, dans son désir, persévère en elle.

5. Si tout être a été créé par Dieu et pour Dieu et si Dieu est plus haut que ce qu’il a créé, celui qui abandonne Dieu et s’attache à ce qui est plus bas, montre qu’il préfère à Dieu ses créatures.

6. Celui qui à son intelligence clouée à l’amour de Dieu, méprise tout le visible et son corps même, comme s’il lui était étranger.

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