Homélies sur l’Évangile, n°38

Avez-vous compris qui est ce roi, père d’un fils qui est lui-même roi ? C’est celui dont le psalmiste disait : « Ô Dieu, donne au roi ton jugement, au fils du roi ta justice » (71,1)… « Il célébrait les noces de son fils. » Le Père a donc célébré les noces du roi son Fils, quand il lui a uni l’Église dans le mystère de l’Incarnation. Et le sein de la Vierge Mère a été la chambre nuptiale de cet Époux. C’est pourquoi un psaume dit encore : « Du soleil il a fait sa tente, et lui-même est comme un époux qui sort de son pavillon de noces » (Ps 18,5-6)…

Il a donc envoyé ses serviteurs pour inviter ses amis à de telles noces. Il les a envoyés une première fois et une deuxième fois, c’est-à-dire d’abord les prophètes, puis les apôtres, pour annoncer l’incarnation du Seigneur… Par les prophètes il a annoncé comme future l’incarnation de son fils unique, et par les apôtres il l’a prêchée une fois accomplie…

« Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce. » Aller à son champ, c’est s’adonner sans retenue aux tâches d’ici-bas. Aller à son commerce, c’est rechercher avidement son profit dans les affaires de ce monde. L’un et l’autre négligent de penser au mystère de l’incarnation du Verbe et d’y conformer leur vie… Plus grave encore, certains, non contents de mépriser la faveur de celui qui les appelle, le persécutent… Toutefois, le Seigneur ne laissera pas de places vides au festin des noces du roi son Fils. Il envoie chercher d’autres convives, car la parole de Dieu, bien qu’elle reste encore méconnue de beaucoup, trouvera bien un jour où se reposer…

Mais vous, frères, qui par la grâce de Dieu êtes déjà entrés dans la salle du festin, c’est-à-dire dans la sainte Église, examinez-vous bien attentivement, de peur qu’à son entrée, le roi ne trouve quelque chose à reprendre dans le vêtement de votre âme.

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