La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 379

62. « Et moi je vous dis de ne pas vous opposer au méchant. Mais à celui qui te frappe sur la joue droite, tends aussi l’autre. A celui qui veut te mener en justice pour prendre ta tunique, laisse aussi ton manteau. Et si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. » (Mt.5,39-41). Pourquoi ? Pour te garder sans colère, sans trouble, sans tristesse, pour instruire l’autre par ton refus du mal, et pour vous mener tous les deux, comme un Père bon [dans sa bonté], sous le joug de l’amour.

63. Quant aux choses qui nous ont affectés, nous gardons en nous leurs images passionnées. Donc celui qui maîtrise les images passionnées, méprise aussi assurément les choses dont elles proviennent. Car le combat contre les souvenirs est plus dur que le combat contre les choses, de même que pécher en pensée est plus facile que pécher en acte.

64. Parmi les passions, les unes sont corporelles les autres sont psychiques. Les passions corporelles ont leur source dans le corps. Les passions psychiques ont leur source dans les choses extérieures. L’amour et la tempérance éliminent les unes et les autres. L’amour élimine les passions psychiques. La tempérance élimine les passions corporelles.

65. Parmi les passions, les unes appartiennent à la partie ardente de l’âme, les autres à la partie désirante. Les unes et les autres sont suscitées par les sens, Mais elles sont suscitées quand l’âme se trouve en dehors de l’amour et de la tempérance.

66. Il est plus difficile de combattre les passions de la partie ardente de l’âme que les passions de la partie désirante. C’est pourquoi le Seigneur a donné contre l’ardeur un remède plus fort : le commandement de l’amour.

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