La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 382

88. Quand jamais, au moment de la prière, aucune pensée du monde ne vient plus troubler l’intelligence, sache alors que tu n’es plus hors des frontières de l’impassibilité.

89. Quand l’âme commence à se sentir elle-même en bonne santé, alors les images, pendant le sommeil, commencent à lui apparaître simples et sans nul trouble.

90. De même que la beauté du visible attire l’œil sensible, de même la connaissance de l’invisible attire à elle l’intelligence pure. J’entends par invisible les êtres incorporels.

91. Il est grand de ne pas être affecté par les choses, mais il est bien plus grand de demeurer impassible devant leurs images. Car la guerre que, par les pensées, nous font les démons est plus dure que celle qu’ils nous font par les choses.

92. Celui qui a mené à bien les vertus et est comblé des richesses de la connaissance, voyant désormais les choses dans leur nature, agit et parle toujours selon la droite raison, sans du tout s’égarer. C’est en effet par l’usage raisonnable ou déraisonnable que nous faisons des choses que nous devenons ou vertueux, ou dépravés.

93. Que le corps veille ou qu’il dorme, si montent dans le cœur les pensées des choses dans leur simplicité, c’est là un signe d’extrême impassibilité.

Publicités