La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, t.2 – p. 801

La prière « Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi », et plus brièvement « Seigneur, aie pitié » (« Kyrie eleison ») a été donnée aux chrétiens dès l’époque des apôtres, et il leur a été prescrit de la dire continuellement. Ce qu’ils font. Mais que signifie ce « Kyrie eleison » ? Bien peu aujourd’hui le savent. C’est en pure perte et pour rien, hélas, qu’on dit « Seigneur, aie pitié ». On ne reçoit pas la pitié de Dieu. Car on ne sait pas ce qu’on demande.

Il faut donc savoir que le Fils et le Verbe de Dieu est devenu Seigneur et Maître de la nature humaine, à partir du moment où il s’est incarné, où il s’est fait homme, où il a souffert tant de tourments, où il a été crucifié, et où, en répandant son sang très saint, il a racheté l’homme des mains du diable. Car avant de s’incarner, il était le Seigneur de toutes les créatures visibles et invisibles: il était leur créateur.

Quant aux hommes et aux démons qui n’avaient pas voulu d’eux mêmes l’avoir pour Seigneur et Maître, le Seigneur du monde entier n’était pas lui-même leur Seigneur. Car le Dieu très bon, dès lors qu’il eut fait libres les anges et les hommes et leur eut donné la raison pour qu’ils aient la connaissance et le discernement, n’a pas voulu, juste et vrai comme il est, leur enlever la liberté, ni les dominer de force et contre leur gré. Mais il est le Seigneur et le Maître de ceux-là seuls qui veulent se soumettre au pouvoir et au gouvernement de Dieu. Ceux qui ne veulent pas, il les laisse faire leur volonté, car ils sont libres.

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