A Autolycus,1, 2.7 (trad. bréviaire ; cf SC 20, p. 58s)

Avec les yeux du corps, nous observons ce qui se passe dans la vie et sur la terre ; nous discernons la différence entre la lumière et l’obscurité, le blanc et le noir, le laid et le beau…; il en est de même pour ce qui tombe sous le sens de l’ouïe : sons aigus, graves, agréables. Mais nous avons aussi des oreilles du cœur et des yeux de l’âme, et il leur est possible de saisir Dieu. En effet, Dieu est aperçu par ceux qui peuvent le voir, après que les yeux de leur âme se sont ouverts.

Tous nous avons bien des yeux physiques, mais certains ne les ont que voilés et ne voient pas la lumière du soleil. Si les aveugles ne voient pas, ce n’est pas parce que la lumière du soleil ne brille pas. C’est à eux-mêmes, et à leurs yeux, que les aveugles doivent s’en prendre. De même toi : les yeux de ton âme sont voilés par tes fautes et tes actions mauvaises…; lorsqu’il y a une faute dans l’homme, cet homme ne peut plus voir Dieu…

Mais, si tu le veux, tu peux guérir. Confie-toi au médecin et il opérera les yeux de ton âme et de ton cœur. Qui est ce médecin? C’est Dieu, qui guérit et vivifie par son Verbe et sa Sagesse. C’est par son Verbe et sa Sagesse que Dieu a fait toutes choses… Si tu comprends cela et si ta vie est pure, pieuse et juste, tu peux voir Dieu. Avant tout, que la foi et la crainte de Dieu entrent les premières dans ton cœur, et alors tu comprendras cela.

Quand tu auras dépouillé la condition mortelle et revêtu l’immortalité (1Co 15,53), alors tu verras Dieu selon ton mérite. C’est ce Dieu qui ressuscitera ta chair, immortelle, en même temps que ton âme. Et alors, devenu immortel, tu verras le Dieu immortel, à condition d’avoir cru en lui maintenant.

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