La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, t.2 – p. 802-803

Pour mieux comprendre ce que nous voulons dire, considère que celui qui, dans ce monde, est indigent et pauvre et désire recevoir l’aumône d’un riche, va le trouver et lui dit : « Aie pitié de moi », c’est-à-dire : « Aie compassion de ma pauvreté, et donne-moi de quoi vivre ».

De même celui qui a une dette et désire que son créancier lui remette sa dette, va le trouver et lui dit : « Aie pitié de moi », c’est-à-dire : « Aie compassion de mon indigence, et remets-moi la dette que j’ai envers toi ».

De même celui qui a commis une faute, s’il désire que celui qu’il a offensé lui pardonne, va le trouver et lui dit : « Aie pitié de moi », c’est-à-dire : « Pardonne-moi l’offense que je t’ai faite ».

Cependant le pécheur dit à Dieu : « Seigneur, aie pitié », et il ne sait ni ce qu’il dit, ni pourquoi il le dit, il ne sait pas non plus ce qu’est la pitié qu’il prie Dieu de lui donner, ni en quoi lui est bonne cette pitié qu’il demande. Mais c’est seulement par habitude qu’il dit « Seigneur, aie pitié ». Donc il ne sait rien.

Dès lors, comment Dieu lui donnera-t-il sa pitié que lui-même ne connaît pas, qu’il méprise, et qu’il va perdre aussitôt pour pécher davantage ?

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