Commentaire sur l’évangile de Jean, 4

Même pour ressusciter des morts, le Sauveur ne se contente pas d’agir par sa parole, porteuse pourtant des ordres divins. Pour cette œuvre si magnifique, il prend comme coopératrice, si l’on peut dire, sa propre chair, afin de montrer qu’elle a le pouvoir de donner la vie, et pour faire voir qu’elle ne fait qu’un avec lui : elle est bien en effet sa chair à lui, et non pas un corps étranger.

C’est ce qui est arrivé quand il a ressuscité la fille du chef de la synagogue, en lui disant : « Mon enfant, lève-toi ! » (Mc 5,41) Il l’a prise par la main, selon qu’il est écrit. Il lui a redonné la vie, comme Dieu, par un commandement tout-puissant, et il l’a vivifiée aussi par le contact de sa sainte chair — témoignant ainsi que, dans son corps comme dans sa parole, une même énergie divine était à l’œuvre. De même encore, quand il est arrivé dans une ville nommée Naïm, où l’on enterrait le fils unique de la veuve, il a touché le cercueil en disant : « Jeune homme, je te le dis, lève-toi ! » (Lc 7,14)

Ainsi, non seulement il confère à sa parole le pouvoir de ressusciter les morts, mais encore, pour montrer que son corps est vivifiant, il touche les morts, et par sa chair il fait passer la vie dans leurs cadavres. Si le seul contact de sa chair sacrée rend la vie à un corps qui se décompose, quel profit ne trouverons-nous pas à sa vivifiante eucharistie quand nous ferons d’elle notre nourriture ? Elle transformera totalement en son bien propre, qui est l’immortalité, ceux qui y auront participé.

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