La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, t.2 – p. 651

15. (suite) Ainsi je pense que la pierre que frappa la verge de Moïse le législateur (Cf. Ex. 17,6), et qui fit surnaturellement jaillir l’eau comme des fleuves, est le cœur pétrifié par l’endurcissement.

Quand Dieu, au lieu de verge, frappe opportunément de ses paroles un tel cœur et le pénètre de componction, la puissance de l’Esprit heureusement suscitée jaillit de ce cœur de manière surnaturelle comme des courants d’eau vivifiante, et accorde en tout une aide immense.

Et comment le dire ? Elle qui est une seule et même eau par nature, elle donne la vie à tous les êtres qui la reçoivent, nombreux et infinis, à la mesure de chacun. Il est vraiment merveilleux que cette pierre portée sur un seul char (Cf. ICor. 10,4) ait pu faire jaillir de l’eau autant qu’en pouvaient porter des myriades de chars à l’infini.

Mais d’où cela lui est-il venu ? D’où portait-elle tant d’eau ? De quelle source ? Mais quel plus grand émerveillement ce doit être pour ceux qui considèrent combien le calice du cœur , porté si brièvement dans un corps si infime, ne cesse de répandre un flux de myriades d’esprits et de corps, aussi infini que dans la vie. D’où  cela est-il venu au cœur, et au-delà de tout nombre ? L’Esprit, comme dit Celui qui est la vérité même, souffle vraiment où il veut. Tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va (Cf. Jn 3,8). Pourtant il souffle toujours.

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