La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, t.2 – p. 652-653

16. (suite) Et non seulement ils l’ont reçu de Dieu le Père face à face comme Adam à l’origine, et comme plus tard les disciples du Christ quand celui-ci souffla sur eux (Cf. Jn 20,22), mais recevant soudain l’invisible comme un souffle, c’est-à-dire l’Esprit, qui leur insuffle clairement la grâce même de l’Esprit, ceux qui participent du fond du cœur voient dans leur intelligence l’Esprit qui répand les eaux toujours jaillissantes comme d’une source, et qui dès lors les éclaire et donne à l’intelligence de voir les choses merveilleuses de la nouvelle naissance et les choses accessibles de la gloire divine.

En un mot, par la participation surnaturelle à l’Esprit à travers la grâce, l’intelligence se met à contempler mystiquement et d’abondance de grands biens.

Progressant dans la patiente conception de la grâce, elle parvient aux visions et aux presciences par l’illumination de l’Esprit, et elle s’élève dans l’ordre de Dieu. Elle voit l’union hypostatique qui dépasse l’entendement, cette union de la nature divine et de la nature hypostatique de l’homme. Elle voit l’effusion de l’Esprit en tout, cette effusion qu’Adam n’a pas vue ainsi, car il n’a pas communié à la nature divine, ni reçu vraiment l’adoption de Dieu.  

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