La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, t.2 – p. 654

18. (suite) Nous savons que tu as pris la main de la belle-mère de Pierre, et que la fièvre la quitta sur le champ. Elle recouvra la santé, se leva aussitôt et te servit (Cf. Mc 1,30s.), pleine d’admiration et d’ardeur. Or cette femme ne fut touchée qu’une fois, et du dehors : car tu l’as prise par la main.

Si donc, d’après les paroles de l’Évangile, elle fut entièrement guérie à l’instant même, qu’en est-il de ceux que tu touches ineffablement, non pas une fois, mais continuellement, nuit et jour, et pas du tout de quelque part du dehors, mais au plus profond du cœur, toi qui aimes tellement leur âme, les aidant clairement de ta force dans ce qui leur arrive, les consolant dans les malheurs, et faisant pour eux des myriades de choses bonnes et belles ?

Comment donc, ô Très-Haut, de tels hommes pourront-ils vivre pour eux-mêmes, et non en totalité pour toi, comme il est naturel ? Ou plutôt, alors qu’ils vivent pour toi seul, comment ne se considèreraient-ils pas malheureux, comment ne se prosterneraient-ils pas humblement, de se voir, pour de brèves satisfactions, éloignés d’un si grand et extraordinaire secours de ta grâce ?

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