La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, t.2 – p. 655

18. (suite) Si une vie tumultueuse, impure, manifestement privée de la communion de l’Esprit, était tout à fait digne, elle sentirait naturellement dans son âme la gloire de Dieu, son parfum et sa douceur. Mais cela n’est pas possible, cela ne se peut pas.

Il y faut la fuite du monde, et donc la solitude, l’hèsychia, la claustration, la vie vouée au devoir de la vertu, la sobriété et la vigilance, la prière et l’attention, et tout ce que portent ceux qui se repentent, afin de faire place en eux à l’insurpassable bonté de la miséricorde divine. Par amour de l’homme, celle-ci s’incline de son propre mouvement et demeure dans l’âme qui la cherche avec peine.

C’est la pitié merveilleuse. Dieu – oh, quelle grâce ! – devient avec l’âme un seul esprit enraciné dans la profondeur du cœur, rayonnant d’une lumière étrangère, comme croissant et s’élevant dans la hauteur, s’étendant dans les branches de l’intelligence et portant les fruits spirituels : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la noblesse (Cf. Gal. 5,22), et des myriades de choses bonnes et belles, ces fruits que reçoit celui qui s’en nourrit.

Si tu juges comme il faut ce qui arrive ici, tu pourras donc te représenter quelle sensation de gloire, de parfum, de douceur passe de la bouche dans l’âme, dès lors qu’on reçoit en toute pureté les fruits de l’Esprit qui dispense la vie et la lumière.

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