La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, t.2 – p. 658

21. C’est Dieu qui enseigne à l’homme la connaissance (Cf. Ps. 93 (94),10), ainsi qu’il est écrit. Mais comment enseigne-t-il ? Il donne la prière dans la sainte impulsion qui transmet lumineusement à celui qui prie la respiration continuelle de l’Esprit. Une telle prière sacrée est vraiment la demeure, la grande demeure de la grâce plus que bonne.

Elle est un maître pour celui qui l’a reçue. Elle est manifestement comme un miroir du visage de l’âme. En elle l’intelligence voit clairement ses propres tendances, ses écarts, ses aliénations, ses acédies, ses fraudes. Et pas seulement cela. Elle est aussi l’air de la pureté, la splendeur de la contemplation, l’esprit de la tension de l’œuvre divine vers Dieu, la flamme de feu des désirs ardents de Dieu, la simplicité de l’intelligence dégagée des formes, le silence loin de tout et la joie immense de l’émerveillement.

En un mot, l’intelligence voit et connaît infailliblement par la prière ce que sont les états et les passions de l’âme. Elle set lumineusement initiée aux premières causes des principes qui donnent à l’âme son mouvement. Elle sert les unes et elle s’attache aux autres, autant que possible, successivement, dès lors qu’elles sont de toute manière dignes d’amour ou de sollicitude.

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