Sermon 9, pour le jour des Rameaux ; PG 65, 772 (trad. Brésard, 2000 ans, année C, p. 108)

Le jour présent, mes bien-aimés, est de la plus grande importance. Il demande de nous un très grand désir, un immense empressement, un vif allant pour nous porter à la rencontre du Roi des Cieux. Paul, le messager de la bonne nouvelle, nous disait : « Le Seigneur est proche, n’ayez aucun souci » (Ph 4,5-6)…

Allumons donc les lampes de la foi : comme les cinq vierges sages (Mt 25,1s), remplissons-les de l’huile de la miséricorde envers les pauvres ; accueillons le Christ bien éveillés, et chantons-le, les palmes de justice à la main. Embrassons-le en répandant sur lui le parfum de Marie (Jn 12,3).

Écoutons le chant de la résurrection ; que nos voix s’élèvent, dignes de la majesté divine, et clamons avec le peuple ce cri qui s’échappe de la foule : « Hosanna dans les hauteurs. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d’Israël ». Il est bien de dire : « Celui qui vient », car il vient sans cesse, jamais il ne nous manque : « Le Seigneur est proche de tous ceux qui l’invoquent en vérité » (Ps 144,18). « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. »

Le Roi doux et pacifique se tient à notre porte. Celui qui trône dans les cieux sur les chérubins est assis ici-bas sur le petit d’une ânesse. Préparons les maisons de nos âmes, débarrassons-les de ces toiles d’araignée que sont les mésententes fraternelles ; qu’on ne trouve pas chez nous la poussière des médisances.

Répandons à flots l’eau de l’amour, et apaisons tous les heurts que soulève l’animosité ; puis parsemons le vestibule de nos lèvres des fleurs de la piété. Avec le peuple poussons alors ce cri qui jaillit de la foule : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d’Israël ».

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