Sermon 10, sur la Nativité du Seigneur, PL 57,24 (trad. Année en fêtes, Migne 2000, p. 78 rev.)

Nous lisons, très chers frères, qu’il y a deux naissances dans le Christ ; l’une comme l’autre sont l’expression d’une puissance divine qui nous dépasse absolument. D’un côté, Dieu engendre son Fils à partir de lui-même ; de l’autre, une vierge l’a conçu par l’intervention de Dieu…

D’un côté, il naît pour créer la vie ; de l’autre, pour enlever la mort. Là, il naît de son Père ; ici, il est mis au monde par les hommes. Par son engendrement du Père, il est à l’origine de l’homme ; par sa naissance humaine, il libère l’homme. L’une et l’autre formes de naissance sont proprement inexprimables et en même temps inséparables…

Lorsque nous enseignons qu’il y a deux naissances dans le Christ, nous ne voulons pas dire que le Fils de Dieu naît deux fois, mais nous affirmons la dualité de nature en un seul et même Fils de Dieu. D’une part, est né ce qui existait déjà ; d’autre part, a été produit ce qui n’existait pas encore. Le bienheureux évangéliste Jean l’affirme par ces paroles : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu » et encore : « Et le Verbe s’est fait chair. »

Ainsi donc, Dieu qui était auprès de Dieu est sorti de lui et la chair de Dieu qui n’était pas en lui est issue d’une femme. Ainsi le Verbe est devenu chair, non de telle sorte que Dieu soit dilué dans l’homme, mais pour que l’homme soit glorieusement élevé en Dieu. C’est pourquoi Dieu n’est pas né deux fois, mais, par ces deux genres de naissances -– à savoir celle de Dieu et celle de l’homme -– le Fils unique du Père a voulu être lui-même à la fois Dieu et homme en une seule personne : « Qui donc pourrait raconter sa naissance ? » (Is 53,8 Vulg)

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