Sermon sur la Nativité du Christ ; PG 46,1128s (trad. coll. Icthus, vol. 8, p. 170)

« A la nouvelle de la naissance du Sauveur, Hérode devint soucieux, et tout Jérusalem avec lui » (Mt 2,3)… C’est le mystère de la Passion que figurait déjà la myrrhe des mages ; on fait massacrer sans pitié des nouveau-nés… Que signifie cette tuerie d’enfants ? Pourquoi oser un crime si horrible ? 

« C’est que, disent Hérode et ses conseillers, un signe étrange a paru dans le ciel ; il assure aux mages la venue d’un autre roi. » Comprends-tu, Hérode, ce que sont ces signes avant-coureurs ?… Si Jésus est maître des astres, n’est-il pas à l’abri de tes attaques ? Tu crois avoir le pouvoir de faire vivre ou mourir, mais tu n’as rien à craindre de quelqu’un de si doux. Dieu le soumet à ta puissance ; pourquoi conspirer contre lui ?…

Mais laissons là le deuil, « la plainte amère de Rachel qui pleure ses enfants » — car aujourd’hui le Soleil de justice (Ml 3,20) dissipe les ténèbres du mal et répand sa lumière sur toute la nature, lui qui assume notre nature humaine… En cette fête de la Nativité « les portes de la mort sont fracassées, les barres de fer sont brisées » (Ps 107,16) ; aujourd’hui, « s’ouvrent les portes de la justice » (Ps 118,19)… Car par un homme, Adam, est venue la mort ; aujourd’hui par un homme vient le salut (Rm 5,18)… Après l’arbre du péché se dresse l’arbre de la bonté, la croix… Aujourd’hui commence le mystère de la Passion.

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