Sermon 88 (trad. Année en Fêtes, Migne 2000, p. 37)

Jean n’a pas seulement parlé en son temps, en annonçant le Seigneur aux Pharisiens, en disant : « Préparez le chemin au Seigneur, rendez droits ses sentiers » (Mt 3,3). Aujourd’hui il crie en nous, et le tonnerre de sa voix ébranle le désert de nos péchés. Même enseveli dans le sommeil du martyre, sa voix retentit encore. Il nous dit aujourd’hui : « Préparez les chemins du Seigneur, rendez droits ses chemins »…

Jean Baptiste a donc ordonné de préparer la voie au Seigneur. Voyons quelle route il a préparé au Sauveur. De bout en bout, il a parfaitement tracé et ordonné sa voie pour l’arrivée du Christ, car il a été en tout point sobre, humble, économe et vierge. C’est en décrivant toutes ces vertus qui sont les siennes que l’évangéliste dit: « Ce Jean avait son vêtement fait de poils de chameau et un pagne de peau autour des reins ; sa nourriture était de sauterelles et de miel sauvage » (Mt 3,4).

Quelle plus grande marque d’humilité chez un prophète que le mépris des vêtements moelleux pour se vêtir de poils rugueux ? Quelle plus profonde marque de foi que d’être toujours prêt, un simple pagne autour des reins, à tous les devoirs de servitude ? Quelle marque d’abstinence plus éclatante que le renoncement aux délices de cette vie pour se nourrir de sauterelles et de miel sauvage ?

Tous ces comportements du prophète étaient à mon avis prophétiques en eux-mêmes. Quand le messager du Christ portait un vêtement rugueux, en poils de chameau, cela ne signifiait-il pas simplement que le Christ, à sa venue, revêtirait notre corps humain, au tissu épais, rugueux par ses péchés ?… La ceinture de peau signifie que notre chair fragile, orientée avant la venue du Christ sur le vice, il la mènerait à la vertu.

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