Discours ascétiques, 1ère série, n°60 (trad. cf DDB 1981, p. 324)

N’appelle pas Dieu simplement juste. Car ce n’est pas par rapport à ce que tu fais qu’il révèle sa justice. Si David le nomme juste et droit (Ps 32,5), son Fils nous a révélé qu’il est bien plutôt bon et doux : « Il est bon pour les méchants et les impies » (Lc 6,35)… Où est la justice de Dieu ? N’est-ce pas en ce que « alors que nous étions pécheurs, le Christ est mort pour nous » ? (Rm 5,8) Et si Dieu se montre compatissant ici bas, croyons qu’il l’est depuis toute éternité.

Loin de nous cette pensée injuste que Dieu ne compatit pas. L’être propre de Dieu ne change pas comme changent les êtres qui meurent…; rien ne manque ni ne s’ajoute à ce qu’il a comme il advient aux créatures. Mais cette compassion que Dieu a depuis le commencement, il l’aura toujours, pour l’éternité… 

Comme le dit le bienheureux Cyrille dans son commentaire de la Genèse, vénère Dieu par amour, et non à cause de ce dur nom de justice qu’on a mis sur lui. Aime-le comme on devrait l’aimer : non pour la récompense qu’il te donnera, mais pour ce que nous avons reçu, pour ce monde qu’il a créé afin de nous l’offrir.

Qui pourrait lui rendre quoi que ce soit en retour de ce qu’il a fait pour nous ? Parmi nos œuvres, qu’est-ce que nous pourrions lui rendre ? Au commencement, qui l’a persuadé de nous créer ? Et qui le prie pour nous, quand nous manquons de reconnaissance ? Qu’elle est admirable, la compassion de Dieu ! Quelle merveille que la grâce de Dieu notre créateur !… Qui peut dire sa gloire ?

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