Sermon 84 (trad. coll. Pères dans la foi, n°96, p. 145 rev.)

Thomas, ayant appris de ses compagnons qu’ils avaient vu le Seigneur, a répondu : « Si je ne vois pas la marque des clous et ne mets ma main dans son côté, je ne croirai pas. » Pourquoi Thomas réclame-t-il ainsi des signes de foi ?… La puissance du diable est tombée, la prison de l’enfer a été ouverte, les chaînes des morts ont été brisées, les sépulcres de ceux qui ressuscitaient ont été renversés (Mt 27,52)…, la pierre du tombeau du Seigneur a été roulée, le linceul a été rejeté, et la mort s’est enfuie devant la gloire du Ressuscité… Pourquoi toi seul, Thomas, exiges-tu si rigoureusement que les blessures te soient présentées à toi seul comme preuve de foi ?…

Frères, c’est son amour fervent qui a demandé cela… Car Thomas ne guérissait pas seulement le doute de son cœur, mais celui de tous les hommes. Destiné à porter cette nouvelle aux nations, en messager consciencieux il cherchait sur quelles bases il fonderait la proclamation d’une vérité de foi si importante… Ce disciple a donc procuré aux autres le signe qu’il réclame à cause de son retard.

« Jésus vint, et il se tint au milieu d’eux, et leur montra ses mains et son côté. » De fait, puisqu’il était entré toutes portes closes et était considéré comme un esprit par ses disciples, il ne pouvait prouver à ceux qui doutaient qu’il était bien lui-même que par les souffrances de son corps, les marques de ses blessures. Il vient et il dit à Thomas : « Enfonce ton doigt et vois mes mains, et mets ta main dans mon côté, pour que ces blessures ouvertes à nouveau par toi répandent la foi sur toute la terre, comme elles ont déjà versé l’eau pour la purification et le sang pour la rançon des hommes » (Jn 19,34). « Thomas répondit : Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Que viennent les hérétiques, qu’ils entendent, et comme l’a dit le Seigneur, qu’ils ne soient pas incrédules, mais croyants. Car, Thomas le proclame, voici que non seulement ce corps d’homme, mais les souffrances subies par ce corps manifestent que le Christ est Dieu et Seigneur. Et il est vraiment Dieu, lui qui vit après la mort, ressuscite de ses blessures et qui après avoir subi de tels supplices, vit et règne, Dieu pour les siècles des siècles. Amen.

 

Publicités