Commentaire sur l’évangile de Luc, IV, 7-12 ; PL 15,1614 (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 88)

Il faut se rappeler comment le premier Adam a été chassé du Paradis dans le désert, pour que ton attention soit attirée sur la manière dont le second Adam (1Co 15,45) retourne du désert au paradis. Vois en effet comment la première condamnation est dénouée comme elle avait été nouée, et comment les bienfaits divins sont rétablis sur les traces des anciens.

Adam vient d’une terre vierge, le Christ vient de la Vierge ; celui-là a été fait à l’image de Dieu, celui-ci est l’Image de Dieu (Col 1,15) ; celui-là a été placé au-dessus de tous les animaux sans raison, celui-ci au-dessus de tous les êtres vivants. Par une femme est venue la sottise, par une vierge la sagesse ; la mort est venue d’un arbre, la vie par la croix. L’un, dénudé du vêtement spirituel, s’est tressé un vêtement de feuilles d’arbre ; l’autre, dénudé du vêtement de ce monde, n’a plus souhaité un vêtement matériel (Jn 19,23).

Adam est chassé au désert, le Christ vient au désert ; car il savait où trouver le condamné qu’il ramènerait au paradis, délivré de sa faute… Celui qui, faute de guide, avait perdu au Paradis la route qu’il suivait, comment, sans guide, aurait-il pu retrouver au désert la route perdue ? Là, les tentations sont nombreuses, l’effort vers la vertu difficile, et faciles les faux-pas dans l’erreur… Suivons donc le Christ, selon ce qui est écrit : « Tu marcheras à la suite du Seigneur ton Dieu et tu lui seras attaché » (Dt 13,5)… Suivons donc ses traces, et nous pourrons revenir du désert au paradis. 

Advertisements