5ème discours sur la Pâque ; PG 46, 683 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 367 rev.)

Béni soit Dieu ! Célébrons le Fils unique, le Créateur des cieux, qui est remonté après être descendu au profond des enfers et qui couvre la terre entière des rayons de sa lumière. Célébrons l’ensevelissement du Fils unique et sa résurrection comme vainqueur, la joie du monde entier et la vie de tous peuples…

Tout cela a été obtenu pour nous lorsque le Créateur s’est levé d’entre les morts, rejetant l’ignominie et transfigurant, dans sa splendeur divine,  le périssable en impérissable. Quelle est cette ignominie qu’il a rejetée ? Isaïe nous le dit : « Sans beauté ni éclat nous l’avons vu et sans aimable apparence, rebut de l’humanité » (53,2-3). Quand donc a-t-il été sans gloire ? Quand il portait sur les épaules le bois de la croix comme le trophée de sa victoire sur le diable. Lorsqu’on a mis sur sa tête une couronne d’épines, lui qui couronne ses fidèles. Lorsqu’ils ont revêtu de pourpre celui qui revêt d’immortalité ceux qui sont renés de l’eau et de l’Esprit Saint. Lorsqu’ils ont cloué au bois le maître de la vie et de la mort…

Mais celui qui était sans gloire a été transfiguré dans la lumière, et la joie du monde s’est réveillée avec son corps… « Le Seigneur est roi, il s’est vêtu de beauté ! » (Ps 92,1) Quelle beauté a-t-il revêtue ? L’incorruptibilité, l’immortalité, la convocation des apôtres, la couronne de l’Église… Paul s’en fait le témoin, écoutons-le : « Il convenait que ce qui est corruptible revête l’incorruptibilité et ce qui est mortel l’immortalité » (1Co 15,53). Le psalmiste dit aussi : « Ton trône est fixé dès l’origine, de tous temps c’est toi le Seigneur ; ton règne, un règne pour les siècles ; ton règne, un règne éternel qui ne sera pas détruit » (Ps 92,2; 145,13). Et encore : « Dieu règne, exulte la terre, que jubilent les îles nombreuses » (Ps 96,1). A lui la gloire et la puissance, amen! 

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